Rainbows etc

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mardi 20 septembre 2016

Souvenir de l’été 2016

Et me revoilà pour le 20th in America, avec en thème ce mois-ci « Vos plus beaux souvenirs de l’été (2016) ». Alors même si je ne suis pas partie à plus de 50 km de Pittsburgh cet été, l’occasion est trop belle pour ne pas partager ce petit cliché de Numéro 2 :

O. a la banane (4 semaines)

Rencontrer son bébé le jour de l’accouchement, c’est super chouette, mais ce que je préfère, ce sont les premiers vrais sourires, les yeux dans les yeux. Oui, il y a bien quelqu’un dans ce petit corps, ce n’est pas juste un tube digestif qui dort et qui pleure ! (pas forcément dans cet ordre d’ailleurs).

Ce qui est amusant, c’est que je le trouve magnifique sur cette photo (j’ai toujours envie d’utiliser l’expression « avoir la banane » quand je vois son grand sourire). Mais je sais que dans un an, lorsque mon cerveau embrumé par le manque de sommeil et les hormones sera redevenu à son état normal, ce ne sera plus autant le cas. Ou pas. La douce folie des mère…

Cet article participe au défi blog « The 20th in America » initié par Laetitia de French Fries and Apple Pie et Isabelle du blog FromSide2Side

20th in America

Ce mois-ci, les participants sont :

samedi 17 septembre 2016

Jeu politiquement incorrect

Mon jeu préféré jusqu’au 8 novembre, date à laquelle il se peut que je ne rigole plus du tout…

Attention, ce post contient des images pouvant choquer votre sensibilité. Abstenez-vous de lire si vous avez moins de 17 ans, ou n’êtes pas amateur d’humour noir, sexuel et caca-prout. 

Lors de mes premières soirées jeux aux Etats-Unis, j’ai découvert Apples to Apples, un grand classique du jeu de société américain (je viens de voir que le jeu existe en français, mais je n’en n’avais jamais entendu parlé). Le principe : un joueur juge (qui change à chaque tour) sélectionne une carte rouge qui donne un thème. Les autres joueurs choisissent une carte verte parmi les sept qu’ils ont dans leur main qui leur semble le mieux correspondre avec le thème. Le juge sélectionne la carte verte qu’il préfère (pas forcément la plus pertinente, mais par exemple celle qui fait une combinaison rigolote), et le joueur qui a posé la carte marque un point (le but étant d’accumuler un certain nombre de points).

Un petit exemple en image (ici comme pour les photos ci-dessous, j’ai sélectionné les cartes pour faire des combinaisons sympa, il arrive que les cartes ne correspondent pas toujours très bien) :

Le principe d’Apples to Apples a été décliné il y a cinq ans en version adulte : il s’agit du fameux Cards against Humanity. Pour la petite histoire, le jeu est né suite à un délire d’un groupe d’amis au nouvel an qui s’est transformé en une campagne Kickstarter. Il a un succès monstre aux Etats-Unis, et personnellement, j’ai appris à classer les gens que je rencontre en deux catégories : ceux qui aiment jouer à Cards against Humanity (et on va probablement être copain), et ceux qui n’aiment pas (je laisse le bénéfice du doute à ceux qui ne connaissent pas). Il faut pouvoir supporter un humour très, très noir ; plus les associations sont trash et gore, plus on rit ! Bref, Cards against Humanity ne se joue pas avec le premier venu (vous êtes prévenus !)

Comme le jeu est sous licence Creative Commons BY-NC-SA 2.0, une bonne âme en a assuré une traduction française, que vous pouvez télécharger gratuitement iciJ'ai pour ma part traduit les règles que vous pouvez trouver làCards Against Humanity est un petit bijou qui je pense fait partie de la culture américaine populaire du XXIème siècle, et qui montre que la société américaine, que l’on pourrait croire de prime abord très soucieuse du politiquement correct, est en fait plus complexe que cela – et c’est tant mieux !


Bref, tout cela pour en venir à une nouvelle déclinaison du concept en 2016 : Humanity Hates Trump, avec son extension Humanity Hates Hillary too ! Bien sûr, je me suis précipitée pour acheter le jeu (qui n’a été disponible qu’une fois les primaires finies), et organiser une soirée entre gens de bonne compagnie dans la foulée. La suite en image :

Je ne suis la politique française que de très loin, mais je pense qu’il y a moyen de faire une version française spéciale élection 2017

dimanche 11 septembre 2016

Le bilinguisme – petit bilan à 3 ans

Six mois après mon premier post sur le bilinguisme naissant de Lottie, me voici de retour pour un petit bilan pour ses 3 ans

  • Tout d’abord, nous avons eu (et nous avons toujours) énormément de questions: « Comment on dit ça ? » et même des « What’s that ? ». Elle les pose souvent au moment du coucher (une stratégie pour reculer l’extinction des feux) mais également, et de plus en plus, en journée. Certaines fois, je sais qu’elle connait déjà la réponse, alors je me demande s’il s’agit d’un mot dont elle veut confirmation, ou alors si c’est nous qu’elle teste… 

  • Elle mélange certaines structures grammaticales des deux langues

    • « Je manque mon ancienne école » ou alors « je manque Papi » au lieu de « Papi me manque » (en anglais, ce serait « I miss Granpa ») ;
    • L’inversion du possessif : « le Papi de manteau » (« Grandpa’s coat »), « le lion de masque » (« the lion’s mask ») ; 
    • L’inversion des adjectifs : le « rose ballon » (à la place du ballon rose) (ou alors Lottie fait déjà de la poésie en pratiquant l’inversion de l’attribut) ; 
    • L’emploi du présent lorsqu’elle utilise la conjonction de subordination « quand » : « Quand je suis un parent, je regarderai Game of Thrones avec vous » (mais oui bien sûr)
    • Elle emploie souvent la première personne du présent de l’indicatif au lieu de l’infinitif, notamment sur les verbes du premier groupe : « Papi, est-ce que tu viens joue avec moi ? » (au lieu de jouer

A noter qu’on pourrait tirer des conclusions de toutes ces observations autres qu’une confusion des structures grammaticales : 1) Lottie ne sait tout simplement pas encore bien parler francais; 2) Lottie aime beaucoup ses papis.

(*) "Le Lac", de Lamartine
  • Elle a bien développé les expressions anglaises liées au jeu, et nous entendons souvent « You can’t catch me » (quand on joue au loup), « Up in the Sky ! » (littéralement : « en haut dans le ciel ») « Take off ! » (= décollage), « I’m coming! » (= j’arrive. Oui, il existe une traduction alternative pour adultes…) ;

  • A la crèche (elle y va à temps plein), les maîtresses me disent qu’elle parle en anglais « mostly » (= la plupart du temps) et qu’elle a le même niveau que les autres enfants… j’aimerai être une petite souris pour vérifier tout cela ! 

  • Elle fait très bien sens du contexte dans lequel est parlée chaque langue, ce qui ne lasse pas de m’épater : elle répond en anglais quand on lui pose une question en anglais (à l’école bien sûr, mais aussi chez le médecin ou au parc) et vice-versa. Et elle a bien intégré les expressions américaines, avec le fameux « yeah » nonchalant à la place d’un beau « yes ». 

  • Elle demande de temps en temps qu’on lui lise aussi des livres en anglais, y compris ceux de Docteur Seuss, que j’ai eu le malheur d’acheter en me disant que les histoires du Docteur Seuss devaient faire partie de l’enfance de tout Américain qui se respecte, et en comptant sur notre babysitter pour les lui lire. Grosse erreur! (Essayer de prononcer "Knox in box. Fox in socks. Knox on fox in socks in box". Et ce n'est qu'un début de ce qui vous attend si vous vous attaquez à cette montagne de la littérature de jeunesse américaine.)

  • Et enfin, elle prononce encore « cawotte » pour carotte, et ça me fait toujours bien rire. On ne sait pas si c’est qu’elle ne prononce pas encore bien les « r », ou si c'est qu'elle a un accent américain.

Anglais ou francais? Peut importe tant qu’elle parle couramment C++!

En bref, nous trouvons que Lottie a fait de gros progrès dans son anglais parlé au cours de ces six derniers mois, même s’il nous est difficile d’estimer son niveau. Il est délicat de faire la part des choses entre son apprentissage d’une langue assurée par osmose et observation hors du cadre familial, et le niveau normal en langue d’une petite fille de 3 ans. D’autant plus que nous n’avons aucune référence par rapport à son niveau de français car nous ne voyons pas au quotidien d’autres enfants francophones; nous ne savons donc pas si elle parle de façon normale pour son âge (ma subjectivité de maman me fait dire que oui, évidemment). En ce moment, on sent qu’elle commence à se poser des questions sur ces deux langues et ces deux pays qui cohabitent dans sa vie quotidienne, voici qui promet des conversations intéressantes !

jeudi 25 août 2016

J’emballe !

Et voilà, un signe de plus de mon américanisation rampante : hier, j’ai acheté des sacs et du papier de soie spéciaux pour emballer des cadeaux. Je m’étais pourtant bien dit qu’on ne m’y prendrait pas, et pour ma défense, cela fait plus de 3 semaines que je n’ai pas dormi plus de 3 heures d’affilée (nouveau bébé). Ce qui explique aussi le manque de profondeur de ce billet...

Le moindre supermarché a son rayon « emballage cadeaux » (certes, moins grand que le rayon des cartes. Un autre élément de la culture américaine intéressant, cette obsession pour les cartes…)

Pour la petite explication : les Américains ont élevé l’art de l’emballage à l’extrême, et les cadeaux arrivent souvent dans de fort jolis sacs agrémentés de papier de soie et de rubans (il y a même une pléthore de vidéo sur YouTube pour vous montrer comment mettre le papier de soie. Ne me demandez pas comment je le sais). Par exemple, sur la dizaine de cadeaux offerts à Lottie pour son anniversaire, un seul était emballé de façon classique (de mon point de vue puisque qu’il semble que le paquet cadeau soit un élément relatif).
  
Il y en a pour tous les goûts (mais assez genré, et avec beaucoup de Disney).

Je ne sais pas ce que les normes sociaux-culturelles dictent sur le devenir de ces sacs, mais personnellement, je les mets de côté pour une réutilisation future (oui, je suis cheap). Il faut dire qu’ils peuvent coûter plus de 7 dollars (en fonction de la taille et de l’élaboration), et très honnêtement, j’ai vu des situations absurdes où l’emballage du cadeau valait certainement plus que le cadeau à proprement parlé.
 
Vous pouvez même acheter un sac « pré-designé » pour vous économiser les affres de trouver le bon assortiment de couleurs.

mercredi 13 juillet 2016

Les questions morales à 3 ans

Lottie va avoir 3 ans dans quelques jours, et me voilà déjà confrontée à des dilemmes éducatifs philosophico-moraux… Quelques exemples :

  • Je m’efforce de lui expliquer que tuer les animaux, ce n’est pas bien. Oui mais… quand je vois un insecte dans la maison, les choses sont différentes : s’ils ne me font pas trop peur, genre fourmi, je les remets gentiment dehors, mais pour les araignées et autres scolopendres (le mot est plus facile à retenir en anglais : centipedes) c’est plutôt l’aspirateur, ma chaussure ou la tapette à mouches qui servent… du coup, comment lui expliquer de respecter la vie quand moi-même je ne le fais pas systématiquement ?

Ne pas tuer les baleines, c’est facile, mais quid de l’extermination des moustiques grâce au génie génétique ?
  • Lors d’une sortie au parc, nous passons devant un terrain de sport où des ados jouent au basket. L’un d’eux est torse-nu. Lottie me dit « non non non, il ne faut pas être tout nu ! » Comment lui dire qu’il est approprié pour les garçons de montrer leur poitrine en public, mais pas pour les filles ? Ou alors qu’elles le peuvent, mais à la plage ou dans certains Etats (pas mal en fait – c’est donc surtout une histoire de pudeur/pudibonderie intériorisée…) Comment justifier moralement la différence entre les femmes et les hommes? (« Alors tu vois, ma chérie, le sein est un endroit du corps féminin fortement associé au désir sexuel, et la tradition (?) veut que l’on réserve ses apparitions aux moments d’intimité.») Je pense que je vais l’inscrire à un cours sur la construction sociale du genre…

Ma réaction devant certaines questions et remarques de Lottie
  • L’histoire de la petite poule rousse : vous savez, cette histoire où la petite poule rousse fait un gâteau ou du pain, et demande de l’aide à chaque étape. Ses amis lui refusent toujours (« Qui veut m’aider à moudre le blé ? » « Pas moi ! » « Pas moi ! »), mais lorsque le gâteau est prêt et que la petite poule rousse demande « qui veut manger le gâteau ? », tout le monde répond « moi ! ». Bien sûr, la petite poule rousse refuse de partager son gâteau avec ceux qui bénéficieraient gratuitement des fruits de son travail, et c’est la morale de l’histoire (= il faut aider les gens pour avoir quelque chose en retour. Ou une façon plus positive de voir les choses : quand on aide les gens, on a quelque chose en retour). La réaction de Lottie : « Non non non, il faut partager ! La petite poule rousse est méchante ! Les autres ont besoin de manger aussi ! » Ah oui, c’est vrai qu’on la bassine avec le partage en ce moment. Pour le coup, je suis assez d’accord avec elle, il faut mieux apprendre à aider les gens sans rien attendre en retour. C’est qu’elle n’est pas très chrétienne cette petite poule rousse…

Je ne t’ai pas aidée à faire cette pizza, mais est-ce que tu la partages quand même ? « Pas moi ! » répond la petite poule rousse.

vendredi 8 juillet 2016

Une poule à la maison !

Bon, d’accord, le titre de ce billet est un peu racoleur : il ne s’agit pas d’une vraie poule. J’ai l’impression que c’est tendance d’avoir un poulailler dans son jardin, aux Etats-Unis comme en France, et j’avoue que l’idée me plait bien, que ce soit pour avoir des œufs frais ou réduire nos ordures ménagères (nous avons déjà un lombricomposteur, mais il n’absorbe pas tout). Bref, avoir de vraies poules à la maison reste dans ma liste des projets à moyen terme, à voir si nous sauterons le pas un jour.

La poule en question

En attendant, je voulais partager une petite activité manuelle que Lottie et son papa ont faite au zoo récemment (le zoo de Pittsburgh offre des « cours » mensuels qui mélangent lecture, coloriage, activité manuelle, chansons et surtout découverte de petits animaux que l’on peut toucher : une tortue, un hérisson, un bébé alligator, une tarentule, un serpent… Bref, 45 minutes intenses, mais très bien pensées pour les petits !)

Et une fois n’est pas coutume, c’est en une vidéo (de 31 secondes) que l’explication se fait (vous verrez qu’il y a une bonne raison !) Petit point de détail : les ailes sur les côtés sont réalisées en traçant puis en découpant les mains de l’enfant sur un papier rouge.


EDIT : petite erreur de description dans la vidéo : le cœur bleu à l’envers ne correspond bien sûr pas à la bouche, mais bien au barbillon (c’est fou le vocabulaire que ce blog me fait apprendre !)

lundi 4 juillet 2016

Happy 4th of July!

Je n’avais pas spécialement de choses à raconter cette année pour le 4 juillet, la fête nationale américaine qui commémore la déclaration d’indépendance des Etats-Unis vis-à-vis du Royaume-Uni (1776). Mais ayant été faire quelques courses vendredi, je n’ai pu m’empêcher de prendre quelques photos pour les partager. On sait que les Américains sont fiers de leur drapeau et de d’afficher leur patriotisme, et voilà quelques exemples de la façon dont on retrouve ce patriotisme à tous les rayons (des supermarchés).

Le 4 juillet, il est de bon ton de porter un vêtement qui rappelle les couleurs du drapeau américain, qu’on l’achète neuf (à gauche) ou d’occasion (à droite)

Même les animaux domestiques ont droit à leur merchandising national !

Du coup, je ne peux m’empêcher de me demander si suite aux attentats qui ont marqué la France en 2015, à l’élan qui a conduit le peuple à défiler dans la rue, à l’Union Nationale, au rappel des valeurs qui font la France, et à l’attachement que l’on a pour elles, les choses vont changer cette année. Je suis partagée, entre les bons côtés d’un patriotisme qui remettrait sur le devant de la scène notre belle devise « liberté, égalité, fraternité », qui encouragerait le dialogue, et les dérives apportées par le nationalisme d’extrême droite.

Un t-shirt pour ceux qui aiment les USA et les chats : un jeu de mot entre patriot et paw (patte)

Je me souviens d’un sentiment de malaise lors du défilé du 14 juillet qui passait en bas de nos fenêtres à Grenoble : on ne pouvait pas dire que l’ambiance patriote était au rendez-vous, et les seuls (rares) applaudissements étaient réservés aux pompiers. Cela a-t-il, ou va-t-il, changer ? Les policiers, normalement garants de la sécurité nationale (mais je n’oublie pas le rapport d’Amnesty Internationale de 2009 sur la violence policière et les dérives de l’état d’urgence) auront-ils eux aussi droit à la gratitude du peuple ? Les gens seront-ils plus fiers d’afficher les couleurs de la République ? Comment faire pour que le bleu, blanc et rouge ne soient pas récupérés par les fascistes et nationalistes ? Et comment conjuguer cela avec la période d’incertitude dans laquelle se trouve l’Union Européenne ?

Bref, en ce mois de juillet 2016 où la France et les Etats-Unis célèbrent toutes deux leurs fêtes nationales, me voilà une fois de plus perplexe. Si les couleurs sont les mêmes, la façon de les porter diffèrent grandement.

A quand des sacs « Faisons la fête comme en 1789 ! » ?

Et ma photo préférée, peut-être parce que la plus cynique, au rayon nourriture surgelée : « Freedom to feast » (liberté de festoyer)

mercredi 29 juin 2016

Ma petite entreprise (1) : un an après, la chronologie

Il y a un an, je vous annonçais la création de Bon Vivant LLC, mon entreprise californienne de vente en ligne de thés et d’accessoires. Que s’est-il passé depuis ? A l’heure du premier bilan, voici la chronologie des 12 derniers mois :
  • Juillet 2015 : après plus d’un mois de développement de boîtes à thé faites main, je suis enfin arrivée à un prototype que j’estimais d’une qualité suffisante pour être vendable. J’ai donc ouvert mon magasin Etsy ainsi qu'un site web, bonvivant.today (devenue depuis teaandtins.com), via la plateforme de Shopify. J’ai également réalisé une première sélection de 13 thés en vrac à vendre. Un mois marqué par la créativité, puisque je me suis bien amusée à créer de nouvelles boîtes et à prendre des photos.

 
Mes premières photos
  • Août 2015 : j’ai essentiellement passé ce mois à préparer un festival où j’exposais en septembre. J’ai confectionné environ 200 boîtes, ensaché les thés et préparé mon stand. Comme je vends un produit alimentaire, j’ai également dû passer un petit test pour avoir un « food permit » pour le festival.

  • Septembre 2015 : mon tout premier marché, le Castro Valley Fall Festival. J’ai bien aimé ces deux jours passés à vendre et à rencontrer mes clients, surtout à voir la réaction des gens envers mes boîtes (« so cuuuute ! ») et mes thés (« they smell SO good ! »). Au niveau financier, je suis à peine rentrée dans mes frais, la « démographie » des gens venant au festival correspondant assez mal à ma cible.

Mon stand au Castro Valley Fall Festival
  • Octobre 2015 : un mois de transition, puisque consacré à notre déménagement de Californie en Pennsylvanie.

  • Novembre 2015 : arrivée en Pennsylvanie. Comme la structure de Bon Vivant, une Limited Liability Company, est lié à l’Etat de résidence, j’ai fermé la société et fondé une nouvelle en Pennsylvanie, que j’ai choisi cette fois d’appeler Tea & Tins, afin de rendre plus compréhensible mon activité. Alors que j’avais passé des jours à choisir le nom de Bon Vivant, Tea & Tins a été trouvé en 3 minutes… En novembre, j’ai également ajouté une sélection de 7 nouveaux thés à ma gamme.

  • Décembre 2015 : un très bon mois pour la vente. D’une part, j’ai été contacté par deux associations pour participer à leurs marchés de Noël, et j’ai également exposé une journée dans un centre commercial (un mall). C’est également le mois où j’ai vendu le plus sur Etsy, fêtes de fin d’années obligent.

 
De nouveaux thés – ambiance Noël !
  • Janvier 2016 : malgré le fait que janvier soit le mois du thé, je n’ai pas eu beaucoup d’activité, ce qui tombait bien car c’était le mois où nous avons emménagé dans notre nouvelle maison. J’ai néanmoins rajouté des nouveaux produits sur Etsy, avec la possibilité de commander des échantillons de thés.

  • Février et Mars 2016 : deux mois d’expérimentations marketing avec plusieurs tentatives :

    • Création de paniers donnés à des écoles pour des enchères silencieuses ;

    • Collaboration avec une photographe de Pittsburgh pour créer des boîtes à thé distribuées à des futures mariées lors d’un salon du mariage ;

    • Publicité dans le programme du Crochet and Knit Festival de Pittsburgh.

 
Production de 50 boîtes à thé personnalisée pour un salon du mariage. Photo : Marta Greca, d’apples+cinema.

(En aparté, février a également marqué pour moi le début d’une autre activité plus en ligne avec mon « vrai » métier, puisque j’ai commencé des missions de consulting pour une entreprise liée à l’innovation technologique.)

  • Avril 2016 : j’ai participé de nouveaux à des expositions dans des malls. Comme je me suis limitée aux jours de semaine (mercredi-vendredi), mon chiffre d’affaire s’est avéré décevant par rapport au temps investi (il faut être sur le stand la durée des heures d’ouverture du mall, soit de 10h à 21h. Avec l’installation, cela fait des journées de plus de 12 heures). J’ai également présenté mon activité à un groupe Meetup, mais à part quelques ventes, rien n’en est ressorti.

  • Mai 2016 : un mois « business as usual », avec des ventes en ligne sur Etsy et teaandtins.com.

  • Juin 2016 : ajout de 7 nouveaux thés à ma gamme et création de nouvelles boîtes, dont des boîtes personnalisées pour une amie.

Voilà le résumé de la première année de ma nouvelle activité : j’ai appris beaucoup, non seulement sur le fonctionnement d’une entreprise, du développement des produits à la vente, mais également sur moi-même. J’aurai l’occasion d’y revenir dans un prochain article sur les leçons que je retire de cette expérience.

Et pour finir, un petit cadeau pour les courageux lecteurs qui sont arrivés au bout de ce post: avec le code RAINBOWS2016, bénéficiez de 20% de réduction sur votre première commande sur teaandtins.com !

Des boîtes à thé faites mains : le produit phare de Tea & Tins.

dimanche 26 juin 2016

Le petit monde des pingouins

Comme j’aime faire des activités manuelles avec Lottie, je passe beaucoup de temps à chercher des idées sur des blogs ou Pinterest, mais également dans des livres sympa, comme 150+ screen-free activities for kids, de Asia Citro (je précise que les liens de ce blog vers Amazon ne sont PAS des liens sponsorisés - peut-être prendrai-je le temps de le faire un jour, mais ce n’est pas sur le haut de ma to-do list.)

Certaines activités font des flops magistraux, comme une pâte à base de graines de lin que j’ai faite cet hiver et avec laquelle Lottie a joué 2 minutes… Mais certaines ont beaucoup plus de succès, notamment la série dite « Les Petits Mondes » (Small Worlds). Le principe est de mettre des éléments d’un « monde » dans une bassine (des cailloux, du sable, de l’eau…), des personnages (animaux, dragons…) et de laisser l’enfant s’amuser avec. Le petit monde préféré de Lottie et de sa maman, c’est le petit monde des pingouins, ou des "pinlins" comme prononce Lottie.

Le petit monde des "pinlins" : un gros succès avec Lottie !

Voici le détail (à partir de 2.5 ans à mon avis, même si je devrais dire 3 ans car « petites pièces susceptibles d’être avalées » etc… bref, dès que l’on peut faire confiance à l’enfant pour ne pas tout mettre à la bouche.) 

Matériel :

  • Si vous tenez à votre moquette ou votre parquet, de quoi protéger le sol (j’utilise un rideau de douche étanche sur lequel je pose une grande serviette. Je mets aussi une petite bassine d’eau savonneuse et un torchon juste à côté pour s’essuyer facilement les mains). 
  • Une bassine assez grande mais pas très profonde (celle que nous avons mesure 40 cm x 60 cm pour 16 cm de haut) 
  • Du colorant alimentaire bleu (et d’autres couleurs) 
  • De la fécule de maïs (Maïzena, mais le premier prix convient tout aussi bien) 
  • Des gemmes en verre colorées, du type « tessons de bouteille érodés par la mer », mais c’est plus simple de les acheter dans les magasins de déco que d'aller parcourir les plages
  • Des pingouins : ceux que j’utilise sont de la marque Safari, une dizaine de pingouins pour environ 12 dollars, et je remarque au passage qu’ils sont "un peu" plus chers en France (de 50% tout de même!)

Organisation : créer le petit monde ne prend pas 7 jours, mais 5 étapes : 

  1. Mettre la patinoire (ou la banquise, comme on préfère) au milieu de la bassine : celle-ci est réalisée en mettant de l’eau colorée bleue dans un Tupperware au congélateur (entre 3 et 5 cm de profondeur). Il faut donc un peu anticiper... on a maintenant toujours une patinoire à pingouins dans le congélateur !
  2. Placer la montagne de glace dans un coin : il suffit de remplir un mixeur de glaçons avec un soupçon de colorant bleu. En quelques 30 secondes, tout est broyé et bien bleu.
  3. Répartir la fécule de maïs autour de la patinoire et de la montagne : il s’agit de la neige. Avec les dimensions de notre bassine, on utilise un sachet de 1 pound (= 454 g) – comme dit le papa, heureusement que l’industrie du maïs est subventionnée !
  4. Répartir ensuite les gemmes colorées
  5. Rajouter les pingouins !

Mise en place de la patinoire et de la montagne, suivi de la neige (notez qu’il est mieux de rajouter les gemmes après avoir mis la neige).

Attention : une fois l’activité terminée, vous pouvez garder la bassine quelque temps, mais je déconseille d’attendre plus de 3 jours pour la nettoyer, car la fécule de maïs peut pourrir. De plus, il ne faut pas jeter la fécule dans l’évier, car elle décante et les tuyaux pourraient se boucher. Il faut donc 1) enlever les gemmes et les pingouins, 2) laisser décanter quelques heures, 3) vider l’eau et enfin 4) enlever la fécule (avec une cuillère par exemple) et la mettre à la poubelle.

Réunion des pingouins au sommet ! (de la montagne)

La première fois que nous l’avons fait, Lottie a passé plus de deux heures à y jouer. Elle y reste un peu moins longtemps maintenant, nous en faisons des fois un peu le matin et un peu l’après-midi (je mets la bassine au frais et la patinoire au congélateur), mais pour l’instant, c’est le petit monde qui a eu le plus de succès. Les raisons :

  • Il est évolutif: on commence par jouer avec la neige, puis lorsque la glace fond, une autre phase apparaît, qui forme la mer (il ne nous manque plus qu’à faire un plasma et c’est parti pour le cours sur les changements de phase ! Ou sur le changement climatique…)

  • Dans les bonnes proportions, le mélange eau + fécule de maïs forme un fluide non newtonien (que les Américains appellent "oobleck"), qui durcit sous la pression (quand on le serre dans la main par exemple), ce qui ravit la maman physicienne de Lottie ! Apparemment, c’est une expérience classique à faire avec les enfants, puisque le caissier du supermarché m’a dit « vous allez faire du oobleck ? La fécule de maïs ne sert qu’à ça! » Le ratio est environ un volume de fécule pour un demi volume d’eau, et si vous voulez vraiment craner, vous pouvez expliquer qu’il s’agit d’un fluide rhéoépaississant (ou dilatant). Grâce au oobleck, on peut même marcher sur l'eau! (idée sympa pour la fête des sciences!)

  • Lorsque tout est fondu, on peut rajouter un peu d’un autre colorant (typiquement du jaune ou du rouge) pour une première introduction au mélange des couleurs.

Après quelques heures, tout est fondu, et on peut s’amuser à rajouter un peu de colorant pour faire un mélange de couleur avec le bleu.

lundi 20 juin 2016

Et si nous n’étions pas venus vivre aux USA : les choses que je n’aurai (probablement) pas faites en France

Ce mois-ci, le sujet du « 20th in America » est : « Les choses qu’on ne faisait pas en France ». C’est donc pour moi l’occasion d’écrire un post un peu plus personnel et de faire un petit bilan après déjà (!) quatre années de vie aux USA, puisque je suis arrivée « pour de bon » aux Etats-Unis en mai 2012. Les éléments de la liste que je dresse ci-dessous ne tiennent pas uniquement au simple fait d’habiter aux Etats-Unis, mais également à ma situation particulière d’immigration qui m’a empêchée de travailler pendant 2 ans (visa de dépendant H4), à notre décision de déménager de la Californie à la Pennsylvanie, et enfin au fait de devenir maman, qui est un bouleversement aussi grand que la traversée de l’Atlantique !

Voici donc la liste des choses que je n’aurais (probablement) pas faites si je n’étais pas venue vivre aux Etats-Unis :

1. Avoir une voiture : en trente ans de vie en France (et 12 ans de permis), je n’ai jamais eu de voiture à mon nom. Parce que ma mère me prêtait facilement la sienne (merci Maman, même si je sais que tu ne me lis pas !), parce que j’habitais en ville avec tout ce que cela suppose comme moyens de transport en commun pratiques (si si !), parce que je louais une voiture si j’en avais besoin, et parce que les dernières années, j’étais membre d’Alpes Autopartage (maintenant Cité Lib), et que ma relation à la voiture s’apparentait plus à un service qu’à une possession matérielle (je recommande le système !)  Aux Etats-Unis, n’habitant pas dans une grande ville mais dans la banlieue, tout a changé (le partage d’auto se fait également aux USA, avec notamment les Zipcar dans les grandes villes). En banlieue, on a quasiment l’équivalence « pas de voiture = pas de vie ». Donc, j’ai mangé mon pain blanc et nous avons acheté une voiture.

 
Ma première voiture : une Honda Fit (à gauche), une des plus petites voitures du marché. Du coup, je m’amusais à la photographier à côté des grosses voitures américaines !

2. Prendre des cours de sculpture, de couture ou encore de politique étrangère américaine : quand on arrive dans un endroit inconnu, et a fortiori lorsqu’on ne travaille pas, il faut bien s’occuper et rencontrer de nouvelles personnes. Ça a été pour moi l’occasion de fréquenter assidûment les « Community Centers », des sortes de Centre Associatif et Culturel (ou de MJC), qui proposent plein de cours sympa en journée et pour pas cher. Si la sculpture et la politique étrangère américaine se sont révélé décevantes (du type « club de discussion pour 4ème âge »), cela m’a permis de réaliser enfin mon fantasme de couturière en puissance.

 
Ma toute première robe : je fais la fière à côté de la machine à coudre !

3. Prendre un comptable pour faire les impôts : je pensais que cela était réservé aux riches qui voulaient optimiser leur fiscalité. Eh bien, il s’avère que dès que l’on sort du cadre « salarié avec un W2 » (l’équivalent d’un récapitulatif de fiches de paie), les choses deviennent un peu plus compliquées, et qu’il est assez commun de faire appel à un professionnel pour remplir les papiers.

4. Habiter dans une maison en banlieue : j’ai toujours pensé, et je le pense encore, que pour réduire notre empreinte écologique, rien ne vaut l’appartement en ville à côté d'une ligne de bus. A Grenoble, je me moquais des « amoureux de la nature » qui habitaient dans le Vercors, prenaient leur voiture tous les jours pour aller travailler, et chauffaient leur maison individuelle mal isolée. Me voilà maintenant dans la même situation et en contradiction avec mon grand principe moral : « Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature » (Kant). Depuis que je suis aux Etats-Unis, entre vivre dans une maison en banlieue et l’utilisation quasi-quotidienne de la voiture, sans parler des vols transatlantiques, mon empreinte écologique a beaucoup, beaucoup, beaucoup augmentée (ma seule excuse est liée au fait que les bonnes écoles publiques se trouvent en banlieue).

5. Créer ma propre entreprise : j’en parle ici pour la première fois, et les choses ont bien avancées depuis (il est plus que temps que je publie un petit bilan !), mais lorsque nous avons pris la décision de partir en Pennsylvanie, j’ai voulu tenter l’aventure de travailler sur quelque chose que je pourrais facilement emporter avec moi plutôt que de prolonger un contrat de travail pas très épanouissant. Cette envie s’est conjuguée au dynamisme entrepreneurial de la Silicon Valley et à la culture américaine beaucoup plus ouverte sur ce type d’aventure : un Français dirait « tu créées ton entreprise parce que tu n’as trouvé de travail ? » (ce n’est pas loin d’être du vécu !) alors qu’un Américain est tout de suite enthousiasmé par une nouvelle idée. Ma frustration de ne pas pouvoir trouver du bon thé en vrac à un prix raisonnable, l’opportunité d’avoir la World Tea Expo à 600 km de chez moi (la distance semble raisonnable à l’échelle américaine !) et le fait d’avoir un peu d’argent de côté à investir, m’ont finalement donné toutes les bonnes raisons pour me lancer. Il faut savoir qu’il est assez facile de créer sa boîte aux USA, et je n’ai pourtant pas choisi la structure la plus simple. Le fait d’avoir un comptable pour la déclaration d’impôt facilite également les choses (voir le point 3), même si en-deçà d’un certain chiffre d’affaire, la déclaration est simplifiée et que je ne désespère pas de la faire moi-même un jour.

 
Mon premier marché d’artisanat : vente de boîtes à thé faites mains et de thé en vrac

6. Elever ma fille « à l’américaine » : il est difficile de savoir quel type de maman j’aurais été si j’avais eu mon premier enfant en France, mais j’imagine que je me serai posé beaucoup moins de questions. Il est possible que le rayon « éducation » dans notre bibliothèque ai été aussi fourni vu que mon premier réflexe avant de me lancer dans quelque chose de nouveau est de réaliser une bonne bibliographie. Mais je n’aurais probablement pas attendu les 6 mois de Lottie pour la mettre en crèche (ou chez une nourrice), je ne me serais pas intéressée à la pédagogie Montessori, je n’aurais pas rejoint un groupe de mamans et participer à toutes les activités attenantes (comme une chasse aux œufs à Pâques ou une distribution de bonbons à Halloween – alors que Lottie n’avait même pas 2 ans !), je ne l’aurais pas emmenée à autant de cours et d’activités, je n’aurai pas organisé des playdates, je ne me baladerais pas constamment avec un petit sachet de Cherrios dans le sac pour les snacks impromptus, et je ne inquiéterais pas de la façon de lui apprendre à lire et à écrire en français…

 
Petit montage photo réalisé pour Halloween 2014

7. Prendre des habitudes de vie typiquement américaines, comme le fait de faire ses courses à toutes heures du jour (et de la nuit – nous avons un supermarché à côté de chez nous qui ne ferme jamais). Au début, j’essayais de résister (« non, le dimanche est un jour qui doit rester spécial, je boycotte ! »), et j’avoue que j’ai bien changé depuis, pervertie par le confort qu’offrent ces horaires… A savoir que je n’ai JAMAIS entendu de débat sur l’ouverture des magasins le dimanche. Nous mangeons également un peu plus dehors ou nous commandons plus facilement de la nourriture à emporter, et je me sers de plus en plus fréquemment du distributeur de glaçons intégré au frigo (grâce au fameux réfrigérateur américain, plus d’inquiétude à avoir pour les glaçons de son mojito !) Et… nous avons deux machines de gym dans le sous-sol de la maison.

8. Vouloir devenir citoyenne américaine (dans trois ans si tout va bien) : si on m’avait dit cela quand j’étais ado et tout feu tout flamme contre le capitalisme/libéralisme américain, j’aurais ouvert de grands yeux et pensé que c’était quand même pousser l’expérience de l’expatriation à l’extrême. Mais après avoir vécu plusieurs années ici, et également y avoir des enfants, le côté pratique, de principe et symbolique ont fini par l’emporter. Pratique, car il est assez difficile de pouvoir venir vivre et travailler aux USA (nous avons eu énormément de chance dans ce processus). De plus, nos enfants ayant la double nationalité, il est possible qu’ils choisissent de faire leur vie ici, même si nous décidons de notre côté de rentrer en France. Il nous sera alors beaucoup plus facile de naviguer entre les deux pays. De principe, car il est pour moi très important de pouvoir participer à la vie civique du pays. Ayant la carte verte, nous avons tout de même le droit de contribuer financièrement à la politique en faisant des dons (ce que j’ai fait lors de ces primaires) et d’ailleurs, une contribution financière a peut-être plus d’influence sur les résultats des élections qu’un vote… La citoyenneté nous permettra non seulement d’élire notre président et représentants au congrès, mais également les shérifs, les juges, le conseil municipal… bref, des personnes dont le travail a un impact immédiat sur notre vie. A savoir que je n’ai jamais entendu parlé d’accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales comme il en est régulièrement question en France. Et enfin, symbolique, car vivre aux Etats-Unis a forcément transformé mon identité de Française (d’autant plus que nous y avons franchi une grande étape dans notre vie en y devenant parents), et acquérir la citoyenneté serait reconnaître cette évolution.

9. Traverser les Etats-Unis d’Ouest en Est : mes envies de voyages personnelles, ce serait plutôt les grandes métropoles du monde et le continent asiatique, mais comme l’occasion s’est présentée, il eut été dommage de ne pas la saisir (voir cet article avec une carte de notre parcours). Lac Tahoe, Parc du Yellowstone, Mont Rushmore… autant de lieux qui ne m’attiraient pas spécialement, et que je suis finalement ravie d’avoir visités (au passage, je suis tombée amoureuse de l’Etat du Wyoming, presque aussi beau que la Californie !) 

 
Photos de notre road-trip : la tête de Nounours à côtés de celles des présidents des Etats-Unis (Mont Rushmore), Old Faithful, le geyser le plus connu du Yellowstone, le lac Tahoe (le lac de Bouba !) et la traversée du Wyoming.

10. Ecrire ce blog : peut-être l’aurais-je fait également en France, puisqu’il me permet d’assouvir mon plaisir d’écriture, mais habiter aux Etats-Unis me donne beaucoup de sujets d’articles, d’autant plus que j’ai eu ces dernières années le luxe d’avoir du temps, ce qui facilite la tenue d’un blog – même si je fonctionne surtout à l’envie et que mes publications ne sont pas toujours régulières !

11. Retrouver une communauté internationale : j’ai toujours aimé fréquenter le monde, et grâce à mes stages étudiants (Irlande, Etats-Unis, Suède, Pays-Bas) et un passage à l’International Space University (dont la devise contient « Interculturel » et « International »), j’ai eu la chance de le faire à loisir entre 20 et 25 ans. En vivant en France, et malgré le fait que le milieu scientifique accueille une belle part d’étrangers, mon entourage était finalement à 95% français. Ici, nous avons rencontré des Indiens, des Chinois, des Thaïlandais, des Turcs, des Vietnamiens, des Libanais… Bref, nous avons des occasions formidables non seulement de goûter à plein de bons petits plats (dit la gourmande !), mais également de nous enrichir de toutes ces différences.

A voir cette liste, je suis quand même contente du bilan de ces quatre dernières années, même s’il y a de gros points noirs. Bien sûr, j’ose espérer que j’aurais pu faire également une belle liste si nous étions restés en France, à commencer par une carrière plus satisfaisante, et beaucoup plus de souvenirs et de bons moments passés en famille et entre amis. D’ailleurs, c’est probablement ce que j’aurai préféré, mais l’homme qui partage ma vie n’aurait pas pu avoir l’expérience professionnelle extraordinaire qu’il a en travaillant pour Google. Choisir l’épanouissement professionnel de quelqu’un d’autre au dépend du mien, voilà une chose que je n’aurais pas faite en restant en France et dont je ne me serais jamais crue capable (attention, je ne dis pas que c’est un bon choix, c’est compliqué ces choses-là…)

 
Un de mes endroits favoris à San Francisco : the 16th Avenue Tilted Steps (que j’appelle « l’escalier magique »). Il est comme la vie, composé de petits bouts de couleurs qui s’assemblent pour former une histoire unique...

Cet article participe au défi blog « The 20th in America » initié par Laetitia de French Fries and Apple Pie et Isabelle du blog FromSide2Side

20th in America

Ce mois-ci, les participants sont :

lundi 13 juin 2016

Popularité comparée des prénoms français et américains

Dernièrement, nous avons passé pas mal de temps à discuter prénoms de garçon (on va dire que ceci est l’annonce officielle que je n’ai jamais pris le temps de faire de l’arrivée de Numéro 2 pour le mois d’août). Pour l’instant, notre prénom temporaire est « Stannis Stanislas Baratheon Ernest F. », mais il mérite probablement mieux. Nous avons repris les mêmes contraintes que nous nous étions mises lorsque nous avions choisi le prénom de Lottie : que ce soit un prénom qui existe en français ET en anglais, qu’il s’écrive de la même façon (donc sans accent, ou « ASCII clean » comme dirait le papa), et qu’il se prononce également de façon similaire. Par exemple, j’aime bien le prénom Edouard, mais c’est Edward en anglais (en prononçant le « d » final). Dommage. Il semble que l’exercice soit plus aisé pour les prénoms féminins, mais ce n’était pas une bonne raison pour demander l’avortement.

Au passage, quelques remarques amusantes sur les prénoms américains : vous connaissez bien sûr l’existence des « Juniors » (comme Bush Junior), mais savez-vous qu’on peut aussi trouver des suffixes numériques de type II ou III ? Pour une nation qui a rejeté la royauté britannique et le concept de noblesse, les Américains tiennent de façon surprenante à marquer leur lignée héréditaire. Mâle bien sûr. Ceci dit, les Américains m’auraient laissée appeler Lottie « Lili II », mais je ne suis pas sûre que l’officier d’état civil français aurait accepté…

Si vous avez un jour à deviner le prénom d’un Américain, je vous conseille de dire « John », ce qui sera d’autant plus correct que la personne est âgée (c’est comme ça que j’ai trouvé le prénom de Mister Big avant l’épisode final de Sex and the City). J’ai l’impression que la moitié des Américains s’appelle John (et un autre quart Matt et Mike).  Un petit tour sur ce site montre qu’effectivement, les John ont toujours eu une grande place dans la population américaine, avec plus de 8% d’enfants prénommés ainsi en 1880 (mais d’après le site de la sécurité sociale, c’est James qui est le prénom le plus populaire, suivi de John). Ceci dit, la popularité des John a fortement décru, avec seulement 0.5% des bébés américains nommés John aujourd’hui. Tout se perd.

Il y avait beaucoup de Matthieu (ou Mathieu) dans mon entourage français, et j’ai retrouvé la même chose en arrivant aux Etats-Unis avec les Matthews. Du coup, je me suis demandé s’il y avait un effet générationnel, et j’ai regardé de plus près les chiffres :

Je connais également pas mal de Sébastien en France et voici ce que les courbes en disent : il semble que le prénom est passé de mode en France, mais qu’il le devient aux USA !


Quant aux Richards, ils semblent avoir connu la même destinée dans un pays comme dans l’autre, avec leur heure de gloire au milieu du XXème siècle (dans les années 40 aux US et 70 en France):


Tout comme les Jessica, qui elles était très populaires à la fin du XXème :

J’ai aussi cherché des courbes qui témoignaient de la résurgence des « vieux » prénoms d’avant-guerre du type Léon ou Alice. On voit que la tendance est la même : décroissance puis regain plus ou moins marqué. Au passage, remarquez la chute impressionnante du taux brut de natalité suite à la première guerre mondiale ! (visible pour les prénoms français).


Quant aux Lucas, ils ont le vent en poupe d’un côté de l’Atlantique comme de l’autre !

Bien sûr, j’aurai pu trouver d’autres exemples de prénoms qui contredisent ce que je montre là, comme Sébastien/Sebastian. Loin de moi l’idée de faire une étude rigoureuse de l’évolution comparée de la popularité des prénoms français et américains ! J’ai juste trouvé les corrélations que j’ai montrées amusantes, en tant que marque de notre culture partagée. Peut-être serait-il possible d’interpréter cela à l’aune de la diffusion des médias de masse, et de la dominance de la culture hollywoodienne par exemple ? Je voulais surtout rentabiliser les quelques heures que j’ai passées sur les sites de prénoms français et américains (et avoir la joie de faire des graphiques Excel !) 

Pour notre petite histoire personnelle, nous avons quand même fini par trouver un autre prénom que Stannis Stanislas Baratheon Ernest F, en relâchant un peu nos contraintes... La suite dans les commentaires à partir du mois d’août !

Sources : pour les prénoms français, j’ai utilisé le site aufeminin.com, qui tient ses données de l’INSEE, et pour les prénoms américains, ce site-là. J’ai ensuite normalisé les valeurs pour pouvoir comparer les tendances de popularité (tendances seulement, car le premier site donne le nombre absolu de naissance, tandis que le second donne le pourcentage de naissance dans la population). 

mardi 7 juin 2016

Home Sweet Home Part 3 – Les démarches inattendues

Pour conclure cette série de billets sur notre expérience immobilière aux Etats-Unis, voici une dernière partie consacrée aux démarches que nous avons eu à faire, et qui nous ont un peu surpris car inexistantes en France. Une chose similaire était bien sûr tout un tas de papiers à signer, et un dépôt d’argent à faire lors de la proposition formelle, histoire de montrer qu’on prend les choses au sérieux et surtout de retirer la maison du marché (the earnest money deposit, ou hand money, qui correspond à environ 1% ou 2% du prix de vente). Je dois vous avouer que nous n’avons pas du tout regretté de prendre un agent immobilier, dont le rôle va bien au-delà de l’organisation des visites, puisqu’il s’assure que le processus d’achat (que j'ai trouvé au final plus complexe qu'en France) se passe correctement et dans les temps.

« Où se trouve le cœur, là est la maison ». Si la quantité de radon ne dépasse pas 148 Bq/m3.

Il y a notamment deux démarches que nous n’avions pas eu à faire en France :

1. L’inspection (home inspection) : une fois que les vendeurs et les acheteurs se sont mis d’accord sur le prix de la maison, il est recommandé de faire effectuer une inspection de la maison  (aux frais de l’acheteur). Un inspecteur certifié fait le tour de la maison, regarde notamment la structure, l’état du toit, des murs (humidité, craquelures…), l’électricité, la plomberie, des appareils électriques, ainsi que les infestations potentielles de nuisibles (termites et autres). Il dresse un rapport complet, en soulignant les points les plus critiques : nous avons donc appris (entre autres) que notre toit arrivait en fin de vie, que la polarité de certaines prises était inversée et que le tableau électrique était mal câblé. Suite à cette inspection, il est tout à faire possible de sortir de l’accord de vente et de récupérer son dépôt. En pratique, s’ouvre souvent une deuxième phase de négociation, où l’on peut demander aux vendeurs de faire certaines réparations et/ou de donner un crédit lors de la signature (nos vendeurs ont du refaire un traitement contre les termites, et nous avons également négocié un petit crédit). Cette inspection peut être exigée par la banque pour finaliser le prêt. Dans un marché favorable aux vendeurs (comme en Californie ou même pour certaines maisons à Pittsburgh), il arrive que les acheteurs renoncent à l’inspection afin de donner plus de valeur à leur proposition d’achat (to waive the inspection), ce qui est bien sûr fortement déconseillé, mais j’imagine nécessaire dans certaines circonstances (c’est ça de vivre dans un pays où la loi du marché est reine).

 
Le cadeau de « bienvenue chez vous ! » offert par notre agent immobilier lors de la signature.

Notez que l’inspection comprend aussi une mesure du radon ambient dans la maison. Encore une découverte ! Je n’avais jamais entendu parler du radon en France, et j’ai tout d’abord pensé « est-ce qu’ils n’exagéraient pas un peu les Américains avec le danger des produits chimiques ? » (voici un très bon SMBC sur le sujet). Après une petite recherche (source), il apparait que le radon est un gaz radioactif naturel qui peut provoquer le cancer du poumon. C’est même la seconde cause de cancer du poumon après la cigarette, avec une estimation de 21 000 mort par an aux USA (la cigarette en provoquerait 160 000). En France, d’après l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), le radon pourrait jouer un rôle dans 10% des 25 000 décès annuels dus au cancer du poumon. Lors de l’inspection, une mesure de radon est donc réalisée pour s’assurer que l’on est en deçà des valeurs préconisées par l’EPA (Environmental Protection Agency). Dans notre maison, il y a des petits ventilateurs dans le sous-sol pour réduire la quantité de radon accumulé, qui ne doit pas dépasser 148 Bq/m3 (4 pCi/L) d’après l’EPA. Il en va d’ailleurs de même au Canada, qui a d’ailleurs un seuil différent (200 Bq/m³), encore différent du seuil recommandé par l’OMS (« The WHO's new annual recommended reference level is 100 Bq/m³, with an upper limit that should not exceed 300 Bq/ m³ »). Par contre, motus et bouche cousue en France, dont certaines régions sont susceptibles d’être très exposées. La règlementation est peut-être en train de changer (j’ai trouvé des papiers de recherche sur le sujet), mais en attendant, ça sent le scandale sanitaire qui n’attend qu’un journaliste un peu curieux… (on parle quand même de près de 2500 morts par an). A noter que l’IRSN a fait une campagne de mesures (à prendre avec des pincettes, car beaucoup de facteurs réduisent la qualité des données) et qu’elle a trouvé que les moyennes vont de 22 Bq/m3 (Paris) à 264 Bq/m3 (Lozère).

 
La carte des moyennes d’exposition au radon en France : potentiellement responsable de 2500 morts par an. Et si les politiques faisaient leur travail et réglementaient les niveaux d’exposition ? (source : IRNS).

2. L’estimation de la banque : avant d’accorder le prêt immobilier, la banque fait sa propre estimation du prix de la maison (au frais de l’acheteur quand même). Si la banque considère que la maison vaut moins que le prix d’achat, le prêt ne pourra se faire (je pensais que c’était plus une formalité qu’autre chose, mais c’est arrivé récemment à des amis). Une manière de s’assurer que la banque retrouvera ses petits en cas de défaut de l’acheteur.

Enfin, avant le closing (la signature de la vente), les acheteurs se rendent une dernière fois dans la maison vide pour que tout le monde soit d’accord sur ce qui est inclu dans la vente (final walk-in). Dans notre cas, la propriétaire avait pris le temps de venir pour nous expliquer les petits trucs à savoir, et nous avons bien apprécié le geste.

A savoir que les droits de propriétés du sous-sol font l’objet de clauses particulières (dont je ne suis pas familière pour la France) : les propriétaires ne sont pas obligés de les céder. De plus, comme nous sommes dans une ancienne région d’exploitation de charbon, il y a un risque que la maison ait été construite sur une ancienne mine. On peut prendre une assurance spécifique liée à ce risque, mais grâce aux cartes publiées par le Department of Environmental Protection de la Pennsylvanie, nous avons pu déterminer que ça ne valait pas le coût, au sens propre du terme.

 
Acheter une maison dans une ancienne région minière : faut-il prendre une assurance si la maison est construite sur une ancienne mine ? (ce qui correspond aux zones en gris sur la carte de notre commune. Heureusement, nous sommes dans la partie blanche !)

Et cela conclut cette série de billets sur nos aventures immobilières aux Etats-Unis ! Finalement, il y a beaucoup de choses similaires avec la France (beaucoup de paperasse !), mais également pas mal de différences et de subtilités que nous avons dû apprendre sur le tas. Et qui nous ont permis de découvrir un nouveau côté de l’Amérique.

lundi 16 mai 2016

Devinette

Il y a 2 semaines, j'ai retrouvé ce dessin dans le casier de crèche de Lottie. Devinez ce que c'est :

Lottie n'ayant pas su m'expliquer, j'ai dû demander aux profs de la crèche ce que c'était sensé représenter...

...

Le papa, qui a l'esprit apparemment plus américanisé que moi (gros indice!) a compris tout de suite.

lundi 21 mars 2016

Nage, nage petit poisson

Maintenant que Lottie est un peu plus grande, elle arrive à faire quelques activités manuelles un peu complexes, à la grande joie de sa maman qui n’attendait que ça. C’est également un bon moyen d’occuper une heure ou deux de la journée, comme ce dimanche matin où nous avons décoré des œufs pour Pâques – même si le résultat est un peu différent de ce que la photo du kit promettait !

Décorer des œufs pour Pâques à 2 ans et demi : la théorie et la pratique

Inspirées par l'œuvre que la classe de Lottie a faite pour la soirée d’enchères silencieuses « A is for Art », nous avons réalisé un tableau similaire pour décorer notre salle de bain :

Petit poisson dans la mer

Matériel : 

  • Un canevas 
  • De la peinture bleue/verte/violette (j’ai limité à 4 pots) 
  • Des strass autocollants 
  • Du papier de soie multicolore 
  • De la colle 
  • Des coquillages 
  • Des gemmes 
  • Un pistolet à colle 

Nous avons fait le tableau en plusieurs étapes : 

  1. Peindre la mer 
  2. Coller les strass pour faire la silhouette du poisson (j’avais fait un trait au crayon à papier pour guider Lottie) 
  3. Découper les écailles (moi) et les coller (Lottie) 
  4. Coller les gemmes et les coquillages (sachant qu’on n’en est pas encore au point où Lottie peut utiliser un pistolet à colle, mais elle a contribué en choisissant les coquillages et leur emplacement)
La maman s’amuse autant que la fille !

mardi 8 mars 2016

e-hameçonnée!

Un petit dossier du MIT Technology Review du mois de mai 2015 traite de l'influence de la technologie sur la persuasion. Y est présenté entre autres le diagramme de "l'hameçon à créer des habitudes" (the habit-forming hook) inventé et popularisé par Nir Eyal, un entrepreneur/auteur/formateur américain. Le cercle (vertueux ou vicieux) mis en évidence par ce diagramme est parait-il utilisé par les grands sites pour s'assurer de la fidélité et du "passage à l'acte" (souvent un achat) des internautes. Les étapes sont :

  1. Le déclencheur (trigger) : un événement (externe dans le cas d'un site, mais qui peut être aussi interne, et donc souvent basé sur une émotion) qui va déclencher le passage à

  2. L'acte : typiquement, le fait d'aller sur un site (cela correspond à l'action la plus simple faite avant de recevoir la récompense), ce qui procurera à l'internaute une

  3. Récompense variable : il semble que la variabilité soit une clef essentielle pour la formation d'une habitude (l’uniformité de la récompense engendrerait l’ennui) ;

  4. La dernière étape est l'investissement, lors duquel l'internaute se met en jeu, par exemple en écrivant une revue pour un produit, en laissant un commentaire à un post de blog ou en commençant une "wish list". Cet investissement pave le chemin du prochain déclencheur (par exemple vérifier les réponses à son commentaire), et la boucle est bouclée.

Le principe de l’hameçonnage, qui vous fera revenir encore et encore sur un site internet

Depuis, j'essaie de repérer comment cet hameçonnage est mis en place dans les sites que je fréquente. J'essaie aussi de l'utiliser de façon autonome, afin de faciliter la création de bonnes habitudes. Il est aussi intéressant de rappeler que dans la phase 2, plus la motivation est faible, plus il est important de faciliter le passage à l’acte (qui peut être aussi simple que se loguer, lancer une recherche voire faire défiler une page comme dans le cas de Pinterest). Eyal résume cela par un cynique : « lorsque faire < penser = action ».

Après les attentats de Novembre 2016, que j’ai suivi sur le direct du site de Libération, j’ai été hameçonnée par ce site pendant plusieurs semaines par le petit symbole infini qui se rafraîchissait sans cesse jusque dans l’onglet.

Le livre de Nir Eyal, Hooked (2014) n'est pas encore traduit en français, mais je ne doute pas qu'il fera parler de lui, ce serait-ce que dans un des blogs du Monde (peut-être est-ce déjà fait vu que j’ai commencé à écrire cet article en mai dernier…) Si vous êtes curieux d'en savoir plus (en tant qu'acteur ou que sujet), vous pouvez parcourir cette présentation (en anglais). Petit extrait choisi dont voici la traduction (3 diapo qui se suivent):



Cette description est loin des discours de vitrine où l'aspect positif de la connexion sociale de ces sites est mis en avant !

Au passage, je recommande aux amateurs anglophones de high tech la lecture de MIT Technology Review, revue bimensuelle de vulgarisation technologique que j'ai découverte en arrivant aux Etats-Unis, et qui publie des articles souvent intéressants et approfondis.

mardi 1 mars 2016

Ma première vente aux enchères silencieuse

Samedi dernier, nous avons assisté à notre première vente aux enchères silencieuse, ou Silent Auction en anglais. La soirée, intitulée « A is for Art », visait à récolter de l’argent pour la preschool de notre fille (un établissement privé qui s’occupe des enfants avant l’entrée en école primaire publique, bref un mix entre crèche et maternelle). Notre preschool est une non-profit (association à but non lucratif) plutôt bien cotée, mais grâce à sa politique d’admission, 20% des élèves bénéficient d’une bourse, et avec les 30% d’autres élèves qui ont des subventions pour critères sociaux, cela permet une diversité dans l’école qui est la bienvenue. La soirée visait explicitement à trouver le l’argent pour les bourses, et l’année dernière, elle avait permis de récolter 18 000 dollars. Comme c’est bien de re-contextualiser, il faut savoir qu’un mois de crèche à temps plein nous est facturé 1200 dollars : à plein tarif, on parle donc seulement d’UNE bourse pour UN étudiant pour 15 mois. Tout est relatif. (Mais j’imagine que c’est plus subtil que cela et qu’une bourse représente juste un pourcentage des frais.)

L’annonce de l’évènement (on utilise beaucoup le terme event pour ce genre de chose)

Je ne savais pas ce qu’était une vente aux enchères silencieuse avant d’assister à cette soirée, mis à part que c’est apparemment un moyen assez classique aux Etats-Unis de récolter de l’argent. En pratique, l’association demande des dons de toutes sortes aux parents d’élèves, aux réseaux des employés ou aux institutions culturelles locales. De plus, chacune des classes de l’école avait fait un tableau, qui était également mis aux enchères. Au total, il devait y avoir bien une centaine d’articles sur lesquelles enchérir, et cela allait de bols en céramique à l’abonnement pour une saison de théâtre, en passant par une séance de massage, une nuit dans un hôtel, ou un tableau d’un photographe un peu connu. J’avoue que j’ai été agréablement surprise par la qualité et la variété des choses proposées, les organisateurs ont vraiment fait un bon boulot.

Les œuvres d’arts des différentes classes de l’école. Plutôt mieux que d’autres proposées par des professionnels…

Le tableau réalisé par la classe de Lottie, et la feuille d’enchère associée: nous n’avions ni le numéro 171, ni le 203 (rhooo, mauvais parents !)

Un exemple de table d’enchère : celle-ci contenait des objets (dont un panier généreusement donné par Tea & Tins !), mais d’autres étaient juste joliment décorées lorsqu’elles avaient des bons pour des spectacles ou des activités.

A l’arrivée à la soirée (qui est payante et au doigt levé contribue à moitié du total de la somme récoltée), nous sont remis des badges avec notre prénom et un numéro, ainsi qu’un petit feutre à passer autour du cou. Le principe est donc de se promener dans la salle en regardant les divers articles mis aux enchères, et de mettre son numéro et la somme que l’on propose sur les feuilles à disposition. Les enchères commencent à la moitié de la valeur marchande, et il y a un minimum à enchérir (de $5 à $25 en fonction du prix). On peut aussi acheter l’objet tout de suite à sa valeur marchande. L’organisation est thématique : une table spectacles, une table tourisme, une table bijoux etc. Si l’on ne veut pas enchérir mais quand même laisser un petit quelque chose, on peut acheter un mystery bag pour $20. Et comme c’est une soirée un peu chic, il y a un petit buffet et un open-bar avec du vin. Bien sûr, cela permet également de rencontrer les autres parents et l’ambiance est plutôt sympa.

La table des mystery bags : le nôtre contenait un t-shirt de l’école noir et blanc et de la teinture pour faire un tie-dye.

Nous nous sommes bien amusés à enchérir sur les articles qui nous intéressaient et nous avons été surpris d’en gagner une bonne partie. De fait, nous avons géré l’affaire un peu comme des débutants sur eBay qui voudraient acheter un moulin à café, enchérir sur plusieurs, pour finalement se retrouver avec DEUX vieux moulins à café à la maison (oui, ce sont des choses qui arrivent…) La soirée nous a donc coûté un peu plus cher que prévue, mais cela était pour une bonne cause, et nous avons eu de bons deals : comme les enchères ne sont pas trop montées, j’ai calculé que nous avons eu une moyenne de 40% de remise. Bref, c’est un peu comme si nous avions acheté des sorties sur Groupon, mais avec la bonne conscience en supplément. Nous sommes donc les heureux gagnants de billets d’opéra, de places de théâtre, de bons d’achat dans des restos, d’un abonnement à un atelier technique, et d’entrées à un parc d’attraction et à deux musées. A vrai dire, notre budget « culture » 2016 y est passé ! Voilà qui nous fera découvrir un peu plus la vie pittsburgeoise, et au final, nous sommes plutôt contents de notre soirée.

« Yeah, It’s That Good », une œuvre de Kait Schoeb : Pittsburgh est la ville de naissance de la sauce tomate Heinz. Ceci explique cela.

mercredi 24 février 2016

Home Sweet Home Part 2 - Le nerf de la guerre

Pour cette deuxième partie sur notre expérience immobilière aux Etats-Unis, je voulais vous parler du nerf de la guerre : l’argent investi dans l’achat d’une maison. Nous avons fait quelques découvertes, bonnes (comme les bénéfices fiscaux) et moins bonnes (comme les taxes foncières), et j’ai trouvé les démarches pour l’obtention du prêt assez similaires avec la France. Au final, il faut comme toujours bien faire son calcul pour voir s’il est plus intéressant de louer ou d’acheter, hors critères « émotionnels » qui bien sûr ne peuvent se chiffrer. A noter que le critère de stabilité est beaucoup plus difficile à remplir aux Etats-Unis qu’en France, car les contrats de location sont souvent annuels et que les loyers sont très rarement encadrés, vous n’êtes donc jamais à l’abris d’une augmentation très importante de loyer (pour l’avoir vécu : +20% après 9 mois !).

 
Louer ou acheter : l’éternelle question (surtout quand on habite à l’étranger !)

Voici donc les détails :

  • Le niveau très élevé des taxes foncières : comme nous sommes aux Etats-Unis, l’école publique est surtout financée par les communautés locales, notamment les villes. Les taxes foncières que nous payons sont décidées par la ville et indexées sur le prix de la maison (qui est estimée un peu en dessous de la valeur du marché) : qui dit maisons chères, dit plus de taxes, dit plus de fonds pour les écoles publiques et de meilleures notes aux examens standards. Ce qui assure le prix élevé des maisons, la boucle est bouclée (comme je l'expliquais déjà dans le billet précédent). Pour vous donner une idée, notre taxe foncière s’élève à plus de $10,000 par an ! Plus jamais je ne me plaindrai de la taxe foncière grenobloise. Comme en France, on y « échappe » lorsqu’on est locataire, car les taxes foncières sont payées par les propriétaires. 
    Et comme en France, il y a des débats sur quelle est la valeur de la maison à considérer pour indexer les taxes : valeur d’achat ou valeur sur le marché actuel. Par exemple, la « Proposition 13 » en Californie, qui limite non seulement l’impôt foncier à 1% du prix de la maison, mais également l’augmentation des taxes foncières à 2% par an, n’est pas au goût de tout le monde. Dans un marché où le prix des maisons explose comme c’est le cas en ce moment pour la région de San Francisco (le prix des maisons a augmenté de 60% à 70% depuis 2012 !), cela conduit à une forte disparité entre les anciens propriétaires et les nouveaux acheteurs.

 
La fiscalité au pays de l’Oncle Sam est assez compliquée du fait de l’imbrication des niveaux de gouvernement (fédéral, national et local). Bien des personnes ont recours aux services d’un comptable spécialisé quand s’ouvre la tax season (saison des impôts).
  • Les bénéfices fiscaux : c’est LA niche fiscale dont bénéficient les propriétaires américains. Il est possible de déduire de son assiette d’impôt les taxes foncières citées plus haut ainsi que les intérêts du prêt immobilier (et les points dont je parle ci-dessous). Je dis bien de l’assiette d’impôt et non pas de ses impôts eux-mêmes. Car même les Américains n’ont pas osé faire aussi fort que le paquet fiscal de Sarkozy et son fameux crédit d’impôt période 2007-2011, qui permettait d’avoir un crédit d’impôt de 40% des intérêts lors de la première année d’annuité de remboursement (20% par la suite, ce qui fait qu’en fonction de sa fourchette d’impôt aux Etats-Unis, on s’en approche).

  • Puisque nous parlons argent, je me dois d’évoquer la recherche et l’obtention du prêt. La façon classique de procéder pour se voir accorder un prêt immobilier est de pouvoir avancer (cash) 20% du prix de la maison (le down payment). Ce qui peut faire une somme conséquente. En échange, on échappe à toutes les assurances qu’on nous fait prendre en France (assurance vie notamment, avec le formulaire de santé signé par le médecin). On peut bien sûr acheter avec un capital plus faible (typiquement 3%), mais il faudra payer une assurance supplémentaire jusqu’à avoir une équité suffisante dans la maison (un peu plus de 20% je crois). Il existe des programmes pour faciliter l’accès à la propriété des moins nantis, mais nous avons la chance de ne pas avoir eu à y faire appel. 

 
Un prêt immobilier, ça a toujours l'air un peu compliqué, mais au final, ça se passe souvent bien (remarquez quand même le petit fer à cheval !)

  • Le taux d’intérêt du prêt dépend de plusieurs facteurs dont voici quelques-uns :

    • La durée du prêt : durée typique similaire à la France, soit 15, 20 ou 30 ans ;
    • Le Credit Score, ce fameux chiffre attribuée par les agences de notation à chaque individu dès lors qu’il possède une carte de crédit (les modalités de calcul sont laissées au bon gré des agences de notation, et varient de l’une à l’autre). Le principe du Credit Score, c’est de montrer qu’on est un « bon emprunteur », c’est-à-dire que l’on rembourse bien ses dettes. De notre côté, nous avons « construit » notre Credit Score petit à petit en remboursant nos cartes de crédit et les emprunts pour nos voitures, et maintenant notre prêt immobilier, qui d’ailleurs a son petit nom particulier en anglais (le mortgage, alors que c’est un loan pour les autres types de prêts). Etant arrivés aux Etats-Unis « récemment » (4 ans quand même), notre crédit score était bon mais pas dans la meilleure tranche. Nous avons également découvert des subtilités de calcul, comme le fait qu’il n’est pas suffisant de payer le solde de ses cartes de crédit à temps (avant qu’il ne soit reporté d’un mois sur l’autre), mais qu’il faut les payer avant que les banques ne closent leurs comptes mensuels, ce qui se fait généralement quelques jours avant la clôture du compte de la carte de crédit. Une petite subtilité dont nous n’étions pas au courant et qui nous a fait perdre quelques points.

    • A savoir que les taux d’intérêt peuvent être fixes ou variables, et surtout qu’ils varient quotidiennement, voire plusieurs fois par jour, en fonction de facteurs que j’ai trouvés un peu trop opaques à mon goût. Tant qu’aucun accord n’est passé avec une banque (on dit dans ce cas que le taux est locked (bloqué)), toute votre construction financière peut évoluer du jour au lendemain.

    • Le dernier point important est bien sûr le comportement de la Banque Fédérale (la fameuse « Fed »), notamment en ce moment où il est question de remonter les taux d’intérêt. 

 
Construire un bon Credit Score, qui sert de sésame pour obtenir un prêt immobilier.
  • En France, nous avions pris un prêt très simple, donc je n’ai guère l’habitude des montages financiers que peuvent élaborer les banquiers. J’ai l’impression que c’est assez similaire ici, avec des histoires de prêts primaires et secondaires. J’ai également découvert que pour faire diminuer le taux d’intérêt, on peut acheter des « points ». Cela correspond à un pourcentage du montant du prêt (typiquement entre 0.25% et 3%) que l’on paie en plus de son down payment à la signature de la vente. Ce petit capital supplémentaire permet de faire diminuer le taux d’intérêt (par exemple, avec 1.25% de points, nous avons gagné 0.25% sur notre taux d’intérêt).

  • Les négociations se sont faites par e-mail entre 5 agents (loan officers) différents sur 2 jours, avec des retournements de dernière minute, (« the new rates are out, I can make you 3 .99% !», « I just found out I can make you 3.75% with 1.5 point !» etc.) Je n’ai donc jamais rencontré un banquier de visu (toujours ça de gagné) et la mise en concurrence a fonctionné pleinement à mon avantage !

Voilà pour tout ce qui concerne le côté pécuniaire lié à l’achat d’une maison. Nous avons eu des délais à cause de notre appartement en France et de notre prêt immobilier attenant, mais la Banque Postale et notre agence immobilière ont été surprenamment réactives et efficaces. Au final, les choses se sont plutôt bien passées, ouf ! Le prochain billet sur le sujet évoquera toutes les démarches que nous avons eu à faire lors de l’achat à proprement parler de la maison.

samedi 20 février 2016

12 particularités américaines inattendues

Le sujet du défi blog « the 20th in America » de ce mois-ci porte sur nos plus grandes surprises en arrivant aux Etats-Unis. Vaste sujet ! 

Même si les USA sont un pays développé et beaucoup plus proche de la France que ne le sont par exemple la Chine ou la Côte d’Ivoire (au hasard), il n’en demeure pas moins qu’il y a une multitude de détails, petits ou grands, qui surprennent le nouvel arrivant :

  • Les installations électriques aériennes à l’apparence très chaotique (beaucoup de lignes ne sont pas enterrées) ;
  • Les noms de rue généralement bien indiquées (on ne passe pas 2 minutes à chercher la toute petite plaque bleue de toute façon illisible depuis la voiture) ;
  • Tout un système de signalisation routière à réapprendre ;
  • Le broyeur dans l’évier de la cuisine pour éviter qu’il ne se bouche trop fréquemment ;
  • Les nouvelles fêtes que l’on découvre ou que l’on redécouvre à la sauce américaine (et quand il n’y a pas de fête, c’est quand même la fête : on organise un « PJ day » (journée pyjama), que l’on soit au boulot ou à l’école) ;
  • Le positivisme légendaire des Américains, leur côté bon enfant et leur esprit win-win, ô combien plus agréable à vivre que notre ronchonnerie nationale !
  • Les salaires payés toutes les deux semaines ;
  • Les taxes qui ne sont généralement pas incluses dans les prix affichés ;
  • L’alliance curieuse (que je suis toujours en train de déchiffrer) entre pudibonderie (ha, les blouses et autres draps qu’on doit enfiler à chaque examen médical ! Alors que slip et chaussettes restent la tenue d’auscultation favorite en France) et culture trash (après tout, ce sont les fabuleux inventeurs du jeu Cards Against Humanity). 

Des fils électriques en veux-tu en voilà.

Sans parler des ouvre-boîtes bizarres, de l’absence de serpillière (quelqu’un peut-il me dire où trouver une serpillière dans ce pays ???), ou des aspirateurs verticaux prédominants (pourquoi ???)

Bref, quand j’ai commencé à faire la liste de tout ce qui m’avait surprise, celle-ci était longue ! Il y a de plus le fait que je suis restée plusieurs années dans la Silicon Valley, un endroit bien particulier des Etats-Unis, mais je vous parlerai plus en détail de cette région dans un futur billet.  J’ai donc fait une petite sélection, qui va des choses les plus triviales et immédiates à des particularités culturelles qui ont mis des mois à faire jour dans mon esprit. Je pense que toutes mériteraient d’être développées dans un article à part, mais en attendant, voici mon petit pèle-mêle :

1. L’emballage en caisse par les gens du magasin (que ce soit le caissier lui-même ou une tierce personne) : beaucoup de magasins pratiquent encore ce qui s’appelle le bagging, et lorsque j’aide à mettre mes achats dans les sacs, j’ai souvent un remerciement. Au début, je me demandais même si c’était un service qu’il fallait tipper, comme lorsque les associations emballent les courses lors des vacances de Noël en France. Et après tout, on donne des pourboires pour beaucoup plus de choses qu’en France. Que nenni, cela fait partie du service au client ! Vous pourrez même vous faire raccompagner à votre voiture si vous avez besoin d’aide pour porter les courses, et il m’est arrivée de ne pas avoir le choix, notamment lorsque je me traînais un gros ventre en fin de grossesse.

2. La direction des tables à langer : je sais, c’est un sujet ultra-spécifique, mais les Américains changent les bébés de façon perpendiculaire, alors qu’en France, la tendance est d’avoir l’enfant face à soi. Cela semble un détail, mais je me demande si des chercheurs ont regardé l’effet que cela avait sur le développement de la latéralisation chez les enfants. Et de façon pratique, il m’a été difficile de trouver une table à langer où poser Lottie en face de moi. Heureusement qu’Ikea s’est installé dans le pays, sinon le seul autre modèle disponible ressemblait à un vaisseau spatial ! Et de façon non pratique, je galère toujours un peu lorsqu’il faut que j’utilise une table à langer publique.

Le vaisseau spatial hors de prix auquel on a échappé grâce aux Suédois [1].

3. Les horaires de dîner : les américains dînent très tôt. J’avais lu quelque part une règle culturelle qui disait que lorsqu’on était invité à 18h, c’était pour le dîner, et à 20h, il fallait déjà avoir le ventre plein. Cela fait toujours bizarre lorsque quelqu’un me dit qu’il a eu un « early diner » à l’heure où je buvais mon thé de l’après-midi. En pratique, cela ne change pas beaucoup notre vie, si ce n’est qu’il est parfois un peu difficile de se mettre à table avec appétit sur le coup des 17h30-18h lorsqu’on mange chez des amis. Et que comme Lottie a son goûter très tôt à la crèche, il faut qu’elle reprenne un petit snack en rentrant à la maison si je veux la faire patienter jusqu’à 19h pour le dîner.

4. Les choses dont j’ignorais qu’elles étaient françaises : nous connaissons tous les French Fries (les frites), et j’imagine que les Belges nous en veulent beaucoup. Heureusement pour leur fierté nationale, ils ont gardé la paternité des gaufres, avec les Belgian waffles ! Mais j’ai découvert que nous sont également attribués les French toasts (du pain perdu, surtout à base de brioche), les French doors (des portes vitrées) ou encore le French dressing, une sauce de salade à la tomate…

Le rayonnement culturel quotidien de la France aux Etats-Unis [2] [3] [4] [5]

5. La prédominance de la circoncision : eh oui, la majorité des hommes américains sont circoncis ! En chiffre, cela donne 79% d’hommes circoncis en 2009 (en France, ils se déclaraient 14% à être circoncis en 2008 – tous mes chiffres viennent de cette page Wikipedia). Cependant la pratique semble évoluer à la baisse, avec un taux de circoncisions à la naissance de « seulement » 54.7% en 2010. Le savoir vous évitera bien des surprises, que ce soit dans les toilettes publiques, si vous mettez au monde un petit garçon ou dans une situation potentiellement plus intime. Et pour les particularités sexuelles plus féminines, sachez mesdames que les Américaines ont en moyenne un bonnet de plus que vous (D vs. C), comme le montre cette carte (ce blog me fait explorer des sujets décidément très très intéressants !)

6. Le coût de l'essence : c’est un grand classique, l’essence n’est pas chère aux Etats-Unis. Même avant la chute du cours du pétrole, je payais au maximum 4 dollars par gallon (0.95 €/L), et maintenant, l’essence est à 2 dollars le gallon, soit 0,48 €/L. A chaque fois que je fais le plein, je culpabilise de payer si peu cher un liquide avec une telle densité d’énergie. Je sais que le prix en France s’explique par les taxes, mais ne serait-il pas pertinent que les Etats-Unis profitent de la conjoncture actuelle pour préparer un petit trésor qui servirait à financer la transition énergétique ? D’ailleurs, Obama vient de proposer l’introduction d’une taxe de $10 sur le baril, mais vu la composition du Congrès, ne nous faisons pas d’illusion…


Les 12 premiers résultats d’une recherche sur Google shopping « vacuum cleaner » : 1 aspirateur robot, deux « normaux » et 9 verticaux.

7. La culture du dating (de la drague ? du rencard ?) : le dating, c’est tout le rituel associé à la rencontre amoureuse. Il y a beaucoup de règles sur ce qu’il faut faire au premier rendez-vous, au deuxième etc. Ce qui m’a le plus surprise, c’est que tant que les deux personnes n’ont pas pris la décision d’être dans une relation exclusive, il est tout à faire permis d’aller voir ailleurs. On peut donc avoir plusieurs dates à la fois, c’est dans les mœurs. Vous me direz que c’est peut-être le cas maintenant en France et que c’est plus une question de génération que de culture… j’avoue que je manque un peu de pratique... 

8. La tolérance des Américains pour leur langue, et la prégnance des langues minoritaires : l’anglais est une langue très flexible, il est facile de faire des néologismes, et il n’y a pas d’autorité régulatrice de la langue comme notre Académie Française. A mes quelques questions sur des nuances grammaticales, on me répond souvent « either way » (« les deux marchent »). Bref, les Américains ne se prennent pas trop la tête sur la grammaire, et il semble par ailleurs que celle-ci soit enseignée beaucoup plus tard (et bien moins) qu’en France. Le niveau de langue ne semble pas être un marqueur social aussi important, et on n’est pas obligé de maîtriser l’imparfait du subjonctif pour être accepté dans la bonne société. Rassurez-vous, il y a comme dans tous les pays des ayatollahs de la phrase correcte !

De même, est-ce parce que l’anglais est tellement prédominant que sa suprématie n’est pas remise en cause, mais il n’y a pas de loi Toubon aux Etats-Unis (ah, le vieux traumatisme du français démis de son statut de lingua franca !) et l’on peut voir des publicités entièrement en espagnol, voire en vietnamien ou en chinois en fonction de l’endroit où l’on se trouve (il faut dire qu’il y a 52 millions d’hispanophones aux Etats-Unis, soit 16% de la population [source]). Bien souvent, lors de démarches officielles ou auprès d’entreprises privées, on peut opter pour l’espagnol au lieu de l’anglais. Et des services des traductions sont souvent proposés dans les hôpitaux ou les banques. Bref, une terre d’immigration qui facilite la vie aux nouveaux arrivants.

9. Le statut des enfants, et notamment de la petite enfance : Pamela Druckman a écrit tout un livre sur son expérience d’élever un enfant à Paris (« Bébés made in France »), et l’on pourrait faire pareil pour les Etats-Unis. Il y a tellement de choses à dire, qui commencent dès la grossesse, que c’est bien souvent le sujet des articles de ce blog. Il y a notamment énormément d’activités à faire avec les jeunes enfants, et pas seulement le week-end sur rendez-vous trois semaines à l’avance : musées des enfants, salles de gym, histoires dans les bibliothèques, cours en tout genre, groupes de mamans… Que ce soit en Californie ou en Pennsylvanie, je peux occuper Lottie tous les jours de la semaine avec une activité spéciale. L’anniversaire des « un an » est également une véritable institution. Cette « richesse » a évidemment son revers de médaille, avec des inégalités qui s’installent très tôt entre classes sociales, et des inégalités professionnelles entre les hommes et les femmes, puisque ce sont souvent celles-ci qui investissent plus de temps dans l’éducation des enfants.

Les musées des enfants (qui rappellent un peu la Cité des enfants à Paris) sont extrêmement répandus (cette liste en compte 230 !)

10. La culture du don : les Américains sont beaucoup plus généreux que les Français, et je rappellerai seulement les chiffres que j’ai donnés dans un précédent billet : les dons moyens par foyer fiscal sont de 436 € en France, contre 2706 € aux Etats-Unis !

11. L’organisation politique du pays: comme la politique étrangère est la prérogative de l’Etat fédéral, c’est surtout de la politique de Washington dont on entend parler en France. En pratique, beaucoup de décisions sont prises au niveau des Etats, des counties (sorte de mini-départements), voire des villes. Certains conservateurs se battent contre des politiques fédérales non pas par opposition bête et méchante, mais parce qu’ils estiment que certaines décisions doivent rester la prérogative des Etats et non de l’Union. Des politiques qui nous paraissent de façon évidente devoir être centralisées (comme l’éducation) sont gérées par des échelons beaucoup plus proche des citoyens. On peut citer par exemple le code de la route qui est différent dans chaque Etat, ou encore le fait de pouvoir utiliser ou non des sacs et conteneurs jetables en magasin, ce qui dépend du county ou de la ville. La régulation des loyers (ou malheureusement l’absence de régulation) est décidée par les conseils municipaux, tout comme l’augmentation du salaire minimal au-dessus du niveau fédéral. Ce qui fait qu’il est beaucoup plus aisé d’expérimenter des politiques audacieuses au niveau local, comme la ville de Seattle qui est à l’avant-garde du mouvement « Fight for 15 », c’est-à-dire l’obligation d’avoir un salaire minimum de 15 dollars par heure contre les 7,25 dollars imposés par la loi fédérale.

12. Les discussions politiques : les sujets de débat politiques sont différents de ceux que l’on peut entendre en France, comme par exemple la controverse sur l’obligation d’avoir une carte d’identité avec photographie pour voter : cela nous semble évident en France, mais ça ne l’est pas du tout aux Etats-Unis, où d’autres moyens peuvent être utilisées, comme la signature ou le témoignage d’un garant (voir une carte ici : encore une fois un exemple de la latitude législative qu’ont les Etats).  Il semble que les Etats qui cherchent à faire passer ce genre de lois le font pour décourager le vote des classes socio-économiques défavorisées. Un autre exemple me vient d’une émission de Freakonomics Radio qui évoquait le tarif unique du timbre : pas une seule fois il n’a été question de péréquation tarifaire sur l’ensemble du territoire, et des mécanismes qui assurent une solidarité et donc une cohésion nationale. D’ailleurs, la notion de péréquation ne semble pas avoir cours aux Etats-Unis : la page Wikipedia sur le sujet (equalization payment en anglais) explique qu’il n’y a tout simplement pas de mécanisme fédéral qui visent à réduire les disparités fiscales (avec quelques nuances).

Et pour conclure, une petite illustration faite maison, avec un extrait de la chanson « Democracy » de Leonard Cohen : j’aime beaucoup cette expression qui je trouve sied bien à l’Amérique.

Le berceau du meilleur et du pire.

Crédit photos :
[1] Table à langer : photo de Laura Tomàs Avellana, sous license CC BY-NC 2.0 
[2] French doors : photo de Steve Elgersma, sous license CC BY-NC-ND 2.0 
[3] French toasts : photo de Ralph Daily, sous license CC BY 2.0 
[4] French dressing : photo de Jason Lam, sous license CC BY-SA 2.0 
[5] French fries : photo de Jim Larrison, sous license CC BY 2.0

Cet article participe au défi blog « The 20th in America » initié par Laetitia de French Fries and Apple Pie et Isabelle du blog FromSide2Side

20th in America

Ce mois-ci, les participants sont :

dimanche 14 février 2016

L’amour n’a pas d’âge

La Saint Valentin, c’est encore une occasion pour les Américains de faire la fête. Encore une occasion pour les magasins et autres sites internet de vendre, vendre, vendre. Encore une occasion de se conformer au diktat social. Personnellement, je suis comme 80% des Français, je pense que c’est une fête commerciale et je n’ai pas envie qu’on m’impose l’heure et la manière de célébrer mes sentiments, surtout les plus intimes. Mon meilleur souvenir de Saint Valentin est une soirée entre amis au laser-tag.

Mais aux Etats-Unis, c’est la grande parade des cœurs, du rouge et du chocolat. En chiffre, cela donne en 2015 presque 19 milliards de dollars dépensés pour la Saint Valentin, plus de la moitié des Américains (54.9%) la célébrant, avec un budget moyen de $142.31 [source]. Anecdote amusante (ou pas) : un cinquième de ces presque 55% achète un cadeau pour leur animal domestique pour un montant total de 703 millions de dollars ! [source]. Il m’a été impossible de trouver des chiffres vraiment fiables côté français, et j’ai finalement retenu un petit article de Chérie FM (on a les sources qu’on peut !), dont les journalistes feraient bien de réviser les notions de moyenne et de médian : il semblerait que 47% des français consacrent à la Saint Valentin un budget ne dépassant pas 49 €, avec un budget cadeau de 91 € et 61 € dépensé respectivement par les hommes et par les femmes.

 
Lovetacular, indeed !

Comme c’est un marché mature, il s’est segmenté, et la Saint Valentin n’est pas réservée qu’aux couples adultes amoureux : j’en ai eu un avant-goût lorsque Lottie n’avait même pas un an et que mon groupe de maman avait organisé une petite fête pour les bébés. La signification des gentils mots échangés à 9 mois (petites cartes du style « You’re a wonderful friend ! ») m’a laissée fort dubitative...

 
Les rayons des magasins se remplissent de décorations, peluches, cartes et chocolats en tout genre

Cette année, la crèche de Lottie a consacré sa semaine au thème de l’amitié, ainsi qu’à faire des activités centrées sur les cœurs. Rien à dire jusque-là, c’est plutôt sympa, et le cœur a aussi un statut de forme au même titre que l’arche ou le triangle. Le petit choc culturel est arrivé le vendredi, où une petite fête de l’amitié était prévue pour les enfants, avec pizza au menu (c’est LE repas de fête : la pizza était également le plat principal du repas de Noël. Heureusement, c’est la maman française qui a répondu à la demande d’apporter un accompagnement : broccoli et fêves d’édamame, que les enfants ont d’ailleurs adorées. Une petite victoire culturelle franco-japonaise \o/ ).

Deux jours avant la petite fête, nous avons eu par email un petit topo, nous expliquant que les enfants avaient fabriqué un petit sac de l’amitié pour la fête, qui serait rempli de cartes ou de cadeaux d’amitiés. Il m’a fallu bien deux jours pour absorber l’information et me rendre compte qu’on nous demandait en fait d’apporter un petit cadeau pour chacun des enfants, qu’ils distribueraient à cette occasion. Cédant à la pression sociale (« je ne veux pas que ma fille soit la seule qui n’ai rien apporté pour ses petits camarades et devienne une paria ! »), j’ai donc couru en catastrophe au supermarché où j’ai trouvé dans les rayons qui commençaient à se vider des petits pandas au chocolat et du papier de soie parfait pour l’occasion. Un petit autocollant fait maison avec une phrase piochée de façon éhontée sur Internet, et le faux-pas culturel a été évité à quelques heures près ! Ouf !

Je vous laisse admirer la collecte de Lottie : des petites cartes à gogo, des autocollants et autres tatouages, deux gros biscuits en forme de cœurs, des petits raisins secs... et des bretzels.

 
Les cadeaux de Saint Valentin lorsqu’on a 2 ans (il faudra encore patienter pour le gros diamant !)

jeudi 11 février 2016

Choisir un livre pour enfant lorsqu’on vit à l’étranger

Grande lectrice et jeune maman, je cherche à faire profiter ma fille du monde des livres au maximum. Ce sera probablement un challenge lorsqu’il s’agira pour Lottie d’apprendre à lire en anglais et en français, et je souhaite de tout cœur qu’elle ait accès le plus rapidement à la « lecture-plaisir » dans les deux langues. C’est pourquoi il est important pour moi de développer chez elle une gourmandise des livres, ainsi qu’une collection qu’elle aura plaisir à déchiffrer le moment venu.

Mais habitant de l’autre côté de l’Atlantique, je dois dire que cela est parfois un challenge : le budget consacré aux livres rivalise avec celui des jouets, bref, c’est la double ruine. Nous rentrons en France au mieux une fois par an, surtout en hiver pour avoir des prix doux, et ce n’est pas la saison des brocantes de quartier. Je passe donc régulièrement (toute proportion gardée bien sûr, car les frais de port sont importants) des commandes sur Amazon.fr, et la famille accepte gentiment de charger ses valises avec des kilos de bouquins en tout genre (car il n’y a pas que Lottie qui veut des livres !)

Nous avons essayé un moment l’option bibliothèque et emprunté des livres en anglais (le rayon des livres en français pour enfants faisant très triste mine). Mais c’était très dur de faire la traduction à la volée, et je ne prenais aucun plaisir à lire ces histoires à Lottie. J’aurais pu les lui lire en anglais, mais d’une part je ne veux pas que son oreille se forme à mon accent bien français, et d’autre part, c’est tout simplement dans ma langue maternelle que je veux vivre ces moments d’échange. Maintenant, les quelques livres en anglais de Lottie sont rangés dans un coin, et nous les sortons lorsque la babysitter vient à la maison.

Il y a également le site Les Petits Livres, qui permet de louer des livres en français pour les enfants de 0 à 12 ans (aux Etats-Unis uniquement). En principe, j’adore l’idée, puisque cela permet de mettre en commun des ressources et d’éviter de gaspiller. L’envoi est gratuit, et les tarifs sont abordables, même si on est quand même à la limite pour certains titres (la location coûte entre 5 et 7 dollars par livre). En pratique, je n’ai pas encore tenté l’expérience, pour plusieurs raisons : les bébés abiment un peu les livres, et j’aurai été gênée de devoir les renvoyer avec des marques de dents. De plus, Lottie « consomme » énormément de livres (on est limité à 6 livres par location), qu’elle aime à lire, relire, laisser de côté pendant 3 mois, pour y revenir à nouveau ensuite. Bref, le système de location se prête pour l’instant mal à son profil de liseuse. Peut-être l’essayerons-nous dans le futur.


Dévoreuse de livres !

C’est donc un gros travail de choix à chaque fois qu’il est question de commander ou de faire amener de nouveaux livres de France : lesquels sélectionner ? Il m’est malheureusement difficile d’avoir des conseils d’autres parents, que je sais bien occupés par ailleurs et que j’évite de trop harasser avec mes problèmes d’expatriée. J’en étais donc réduite à regarder les quelques ouvrages mentionnés dans les encarts parents des magazines pour enfants que Lottie reçoit, ou encore les livres pour les enfants recommandés dans le magazine Causette (celui-là, c’est moi qui le reçois !) Je regardais aussi les 4 étoiles et plus sur Amazon, mais il y en a tellement qu’il est difficile de faire le tri. Nous avons également abonnée Lottie aux livres de l’école des loisirs, mais cela n’en fait « que » huit par an.

Heureusement, ma cousine, ancienne bibliothécaire et maintenant institutrice en maternelle, donc bien placée pour connaitre le sujet, m’a sorti l’épine du pied en me conseillant les deux ouvrages suivants, que j’ai récemment reçus et déjà adoptés :

  • L’as-tu lu mon p’tit loup?, de Denis Cheissoux et Véronique Corgibet : un petit livre qui propose une sélection de 90 ouvrages présentés dans l’émission radio de France Inter éponyme.  Les livres sont surtout destinés à des enfants de 3 à 12 ans (et un peu plus), et ce sont essentiellement des albums, bien que l’on y trouve quelques contes et autre romans.

  • Je cherche un livre pour un enfant: Guide des livres pour enfants, de la naissance à 7 ans, de Sophie Van der Linden : un grand ouvrage découpé en plusieurs sections. On peut y rechercher des conseils en fonction de l’âge (0, 2, 4, ou 6 ans), ou du thème que l’on souhaite aborder : les grandes questions, les sentiments, rire ensemble, découvrir le monde etc. Il y a également une sélection en fonction des types de livres (série, disque, art...), des conseils sur la lecture et des références. Bref, un ouvrage très complet et très bien fait.


Meta-livres

J’ajouterai une dernière ressource dégotée le mois dernier : le fil Quels albums, du forum lié au site Classe Maternelle, Gennevilliers, dont j’ai parlé dans ce billet.

Ceci dit, je suis toujours à l’affut de de conseils sur les livres pour enfants, alors n’hésitez pas à me faire découvrir les dernières lectures favorites de vos petits bouts de choux !

Pour finir, je voulais partager une petite joie de mon quotidien, qui est d’avoir enfin trouvé une façon satisfaisante de ranger les livres de Lottie. Jusqu’ici, ils étaient en bas de notre bibliothèque, ce qui répondait à un des critères que je m’étais fixés : qu’ils soient facilement accessibles. Par contre, le deuxième critère qui me semblait important, et qui était que Lottie puisse facilement voir les couvertures pour les choisir, était loin d’être rempli. Par ailleurs, je ne voulais pas investir dans un meuble de bibliothèque, qui prend quand même pas mal de place et me semblait un peu too much. J’ai donc enfin eu le moment « Eureka ! » (en bon français : « Mais oui c’est bien sûr, comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? ») : mettre ses livres dans des corbeilles au sol. Et voilà, comme on dit par ici !

L’idée évidente que j’ai cherchée pendant 2 ans…

EDIT: Depuis que j’ai écrit cet article, un nouveau site de distribution de livres québéquois pour enfants aux USA a ouvert sur la toile : Coin Lecture. A explorer...

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