Rainbows etc

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jeudi 1 décembre 2016

Relooking

Ce blog change d’adresse! Vous pouvez me lire maintenant sur rainbowsetc.fr, avec une mise en page qui j’espère vous rendra la lecture et la navigation plus agréables.


La nouvelle bannière de rainbowsetc.fr

mardi 29 novembre 2016

Le livre du mois #3: les 25 plus belles histoires de Noël

  • Titre: Les 25 plus belles histoires de Noël

  • Auteurs: collectif

  • Age: à partir de 2 ans (jusqu'à 5 ans, il y a des histoires plus ou moins longues).

  • Pourquoi nous aimons ce livre: parce qu’il s’agit d’une belle compilation d'histoires qui évoquent la magie de Noël, l’excitation de décorer le sapin, la joie des cadeaux, la figure de ce curieux personnage qu'est le Père Noël... Certains des héros sont bien connus de Lottie (l’âne Trotro, Pénélope…) et nous avons découvert des histoires plus classiques, que je n’aurais probablement pas achetées par ailleurs. Comme il y en a 25, Lottie a ses favorites du moment qui changent régulièrement - heureusement, car à la 42ème lecture, l’histoire de Monsieur Bout-de-Bois (l'Ulysse de la forêt), commençait à devenir lassante !

  • Vous aimerez ce livre si vous aimez: les livres qu'on ouvre comme une malle aux trésors, se préparer à Noël en lisant des histoires (c’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai choisi ce livre pour novembre) et en avoir pour votre argent. Toute la collection (Le trésor de l'heure des histoires, de Gallimard Jeunesse) est très bien faite et de qualité. Nous avons également Les plus belles histoires pour les enfants de 2 ans et Les plus belles histoires pour les enfants de 3 ans . Pour un prix d'environ 10 euros, vous avez un très chouette recueil, c’est imbattable sauf si vous allez à la bibliothèque.

jeudi 24 novembre 2016

Happy Thanksgiving!

Merci à vous qui lisez mon blog, et double merci à ceux et celles qui prennent le temps de laisser des petits commentaires!

Biscuits de Thanksgiving (acheté au supermarché du coin): le goût est aussi sucré que les couleurs sont artificielles!

Dinde de Thanksgiving réalisée par Lottie à l’école (qui décore notre porte d’entrée. La dinde, pas Lottie.)

dimanche 20 novembre 2016

Tout ce qu’octobre illumine

Et nous voilà le 20 du mois, avec une nouvelle participation au « 20th in America », le défi blog initié par Laetitia de French Fries and Apple Pie et Isabelle du blog FromSide2Side. Le sujet de ce mois est « Vivre l’automne aux US ». De mon côté, j’ai décidé de vous parler plus spécifiquement du mois d’octobre, dont la signification a complètement changé depuis que je vis aux Etats-Unis. C’est une bonne illustration de mon article Immigrée plutôt d’expatriée: le terme « expatrié » ne tient pas compte du pays d’accueil, qui semble n’y transparaitre que comme une étape vers autre chose (un retour en France ou un autre pays d’accueil). Dans le terme immigré, je vois une volonté d’intégration, ainsi qu’une modification profonde de notre identité. Et il est vrai que nous intégrons de plus en plus la culture américaine, notamment en faisant nôtres ses traditions.

How tall this fall ? La traditionnelle photo d’octobre à la ferme Uesugi, en Californie, qui permet de voir comment les enfants ont grandi (ici en 2014 et 2015. On ne va pas retourner en Californie tous les ans pour faire la photo, mais ce serait chouette.)

Alors voici tout ce que le mois d'octobre signifie maintenant pour moi :

  • Boire mon café favori au Starbucks, le Pumpkin Spice Latte (la boisson a même sa page Wikipedia, c’est dire!) : c’est un café allongé et couronné de crème fouettée, parfumé aux Pumpkin Spice (épices de citrouille), un mélange d’épices qui réapparait tous les ans en automne et qui est composé de cannelle, noix de muscade, gingembre et clou de girofle (mais sans citrouille comme son nom ne l’indique pas). Cette année, le Pumpkin Spice Latte s’est même illustré dans un article de recherche, qui le présente comme symbole de classe des blancs privilégiés ("La dangereuse blancheur des citrouilles", GeoHumanities, Vol. 1, 2015, Issue 2). Une plongée en eaux profondes dans les préoccupations de l’Amérique! L’article est tellement abscons qu’on dirait un faux, mais malheureusement, il n’en est rien (et malheureusement, les pontifes et autres journalistes sautent sur de telles occasions pour décrier la recherche publique…)

Pumpkin Spice Latte: ça donne envie, non? (mais qu’est-ce qui ne donnerait pas envie avec autant de crème fouettée?!) [source]
  • Essayer de nouveaux produits au goût Pumpkin Spice: comme beaucoup de Français, mon supermarché de prédilection est le Trader Joe’s, et la chaine de magasins sort tous les ans de nouveaux produits parfumés aux pumpkin Spice (voir par exemple cet article qui en répertorie plus de 40). Cette année, nous avons testé le café (je recommande!), les graines de citrouilles et le chocolat.

  • Décorer la maison: hé oui, au mois d’octobre, les maisons sont presque aussi décorées qu’à Noël, Halloween oblige. Cette année, nous avons égayée notre boîte aux lettres sur le thème "moisson d’automne" (fall harvest), ainsi que notre hall d’entrée sur le thème "maison hantée". J’achète chaque année quelques accessoires supplémentaires (l’année dernière, c’était Balabamba que je vous présentais le 31 octobre, et cette année, deux squelettes d’animaux sont venus rejoindre notre collection).

Notre boîte aux lettres automnale (la boîte en question se trouve derrière les grandes herbes que j’aurais dû couper…)
  • Aller dans un pumpkin patch ou une ferme à citrouilles: que ce soit en Californie ou en Pennsylvanie, les fermes locales organisent des petites kermesses où l’on peut ramasser sa citrouille, faire un tour en tracteur ou encore se perdre dans un labyrinthe de maïs. C’est principalement à destination des enfants, mais on y passe un bon moment. Pour les adultes, il y a des maisons hantées avec des vrais acteurs (et de vraies tronçonneuses!), et elles font vraiment, vraiment peur!

La reine des citrouilles 2014! Quand je disais kitsch…
  • Graver des citrouilles: Lottie étant maintenant assez grande pour être intéressée, elle a gravé cette année des citrouilles avec son papa et son papi (enfin, c’est surtout ces derniers qui ont œuvré à la tâche). La nuit, avec une bougie, ça rend très chouette !

  • Penser, acheter ou réaliser les déguisements de Lottie et maintenant de bébé O: comme je le disais dans un billet précédent, Halloween, c’est un peu comme carnaval, et les enfants (voire les adultes) passent du temps à imaginer ce qu’ils voudraient être. Il y a souvent des parades organisées dans les écoles et les Community Centers pour que tout le monde puisse admirer les déguisements avant la soirée d’Halloween proprement dite.

  • Faire trick-or-treat le soir d’Halloween: les deux premières années de Lottie, nous n’étions pas sortis faire la tournée des voisins (ce qui excitait le plus Lottie était de répondre à la porte lorsqu’on venait frapper chez nous), mais maintenant qu’elle a compris qu’elle pouvait y récupérer des bonbons, je ne pense pas que nous pourrons y couper.

  • Faire le premier vin chaud de la saison: comme j’étais un peu frustrée de treat adulte le soir d’Halloween, j’ai décidé il y a trois ans que cette soirée marquerait également le premier vin chaud de la saison (malheureusement pas cette année car j’ai eu la visite du Dentiste Besogneux (copyright Cochonou) qui m’a laissé tout un stock d’ibuprofènes à la place des bonbons…)

  • Avoir la visite de la Sorcière Troc: une nouvelle tradition comme je l’explique dans ce billet, qui nous aide à gérer les kilos de bonbons ramenés de la tournée trick-or-treat.

La toute première fois que Lottie a vu des bonbons d’Halloween (et son premier "déguisement")

Le passage de la Sorcière Troc marque la fin de cette période très spéciale qu’est le mois d’octobre. Comme vous l’aurez compris, c’est un mois idéal pour visiter les Etats-Unis, loin de la foule de l’été, avec des jours encore ensoleillés et des expériences tout à fait inédites. On critique souvent les Américains pour être très consommateurs, peut-être dans le trop, peut-être un peu dans le kitsch également, mais leur enthousiasme à célébrer la moindre petite fête est contagieux. Nous avons de nouvelles traditions familiales qui nous permettent de découvrir de bonnes choses et de passer de bons moments. Sans compter la douceur d’anticiper ce mois avec une joie presque enfantine. Il y a cinq ans, le mois d’octobre, c’était surtout les feuillages des arbres qui passaient du vert au rouge, brun et or… Et vous savez quoi ? Des arbres, il y en a aussi de ce côté-ci de l’Atlantique, et ils sont aussi très beaux !

Balades dans le parc à côté de chez nous: avec cette overdose de Pumpkin Spice, on ne voit pas les arbres perdre leurs feuilles…

Nota Bene : Le titre de ce billet est un extrait de la belle chanson « Octobre » de Francis Cabrel (qui ferait bien de venir passer ce mois aux Etats-Unis).

Cet article participe au défi blog « The 20th in America » initié par Laetitia de French Fries and Apple Pie et Isabelle du blog FromSide2Side

20th in America

Ce mois-ci, les participants sont:

vendredi 18 novembre 2016

Immigrée plutôt qu’expatriée

Lorsque je discute avec d’autres français de l’étranger, je me sens souvent en décalage car j’ai du mal à me définir en tant qu’expatriée. D’une part, nous n’avons pas une expérience d’expatriation au sens classique du terme, dans la mesure où nous sommes venus aux Etats-Unis en "contrat local" (pour mon conjoint – mon cas étant "pire" puisque j’étais sur un visa qui ne m’autorisait pas à travailler), ce qui signifie que nous avons tout laissé en France: plus de sécurité sociale et plus de cotisation à la retraite… (et comme je n’ai pas cotisé dix ans, mes droits à la retraite française s’élèvent pour l’instant à zéro). Si ce n’était notre appartement et notre prêt en France, nous n’aurions aucun lien officiel autre que notre nationalité avec notre pays d’origine.

De plus, comme nous avons à présent la carte verte, nous n’avons pas non plus une date butoir de retour en France. Nous ne savons même pas si nous voulons y retourner un jour, quand, pour combien de temps… Bref, nous sommes aux Etats-Unis pour une durée indéterminée. Nous avons eu nos enfants ici, nous les élevons dans le système américain, et même si nous leur transmettons une certaine culture française, ils se sentiront probablement plus américains que français (sauf si nous retournons en France d’ici 10 ans). Notre fille de trois ans récite le serment d’allégeance au drapeau des Etats-Unis tous les matins à l’école. Et depuis janvier, nous sommes même officiellement propriétaires d’un petit bout de territoire américain!

J.J. Goldman, Là-bas. Je sais, c’est un peu cheesy, mais si vous lisez régulièrement ce blog, vous connaissez mon penchant pour le kitsch!

Comme notre horizon américain est beaucoup plus proche que notre horizon français, nous vivons davantage comme des immigrés que comme des expatriés. C’est d’ailleurs de cette façon que nous traitent les Américains (enfin, ceux qui n'ont pas voté pour Donald Trump): comme des immigrés ayant vocation à rester et non comme des Français ayant vocation à repartir dans leur pays. Les Français nous demandent quand est-ce que nous comptons retourner en France; je n’ai jamais eu cette question de la part d’un Américain. Si question il y a, c’est plutôt « quand deviendras-tu citoyen américain ? ». 

Même si nous rentrons en France un jour, nos années ici nous aurons marqués de manière définitive: les personnes parlent d’impatriation lorsqu’ils retournent dans leur pays d’origine pour évoquer la difficulté qu’il y a à se réintégrer, mais pour ma part, il s’agirait d’une deuxième expatriation – avec de nouveaux codes à réapprendre et à apprendre (par exemple ceux de la parentalité, puisque ce sont les codes américains que j’intègre avec Lottie et bébé O). L’identité américaine fait désormais partie de mon identité personnelle et familiale (après l'élection de la semaine dernière, je me demande s'il ne faudrait pas mieux parler des identités américaines plutôt que d'une identité tant le pays est polarisé.)

(I know that) There are many ways 
(To live there) In the sun or shade 
(Together) We will find a place 
(To settle) Where there's so much space 
 Pet Shop Boys, Go West

Pourquoi le mot immigré n’est-il pas plus employé parmi les expatriés qui prolongent leur séjour aux Etats-Unis ? En essayant d’approfondir la question, je suis tombée sur l’argument que la dénomination dépend de l'état économique relatif des deux pays: il s’agirait d’une expatriation lorsqu'on vient d'un pays riche et qu'on vit dans un pays pauvre, et d’une immigration pour l’inverse. Je n’adhère pas à cette explication (d’autant plus que nous venons d’un pays riche pour vivre dans un pays riche!), même si je pense qu’elle est à l’origine du rejet du mot "immigré" par une population aisée (comme nous avons la chance de l’être). Les autres réflexions que j’ai trouvées sur la différence entre expatriés et immigrés correspondent aux miennes et nous classent définitivement dans la catégorie des immigrés: contrat de travail rattaché à une entreprise française ou locale, intention ou non de retour…

Pourquoi parler de cette différence entre expatriation et immigration me semble-t-il important? Parce que j’ai vu beaucoup de personnes passer sans s’en rendre compte et surtout sans l’avoir vraiment choisi du statut d’expatrié à celui d’immigré. Leurs enfants ont grandi ici et ont passé l’étape clef de l’adolescence dans le système américain: il est ensuite plus difficile de retourner dans le pays d’origine des parents. Alors, si j’ai décidé de me vivre en tant qu’immigrée et non en tant qu’expatriée, j’ai quand même une date butoir informelle dans un coin de ma tête: les années d’adolescence des enfants, pendant lesquelles la culture de la société et du groupe devient dominante par rapport à la culture familiale. A ce moment-là, il faudra que nous refassions notre choix, comme dirait Enée dans “Endymion’’.

I was born in Paris 
Maybe I’ll die in Paris 
I was born in Europe 
Maybe I’ll die in Europe 
I was born on planet Earth 
Maybe I’ll die… maybe I’ll die in Space 
Les Wampas, Euroslow 
 (Mais pourquoi n’ont-ils pas chanté cette superbe chanson pour l’Eurovision ???)

mercredi 16 novembre 2016

Demande à Google #2

Et voilà la suite du billet de la semaine dernière (juste avant la douche froide) et de mes recherches sur Google Trends. J’ai commencé par explorer le thème de la nourriture en France (courbes bleues) et aux Etats-Unis (courbes rouges), en recherchant les mots "recette" et "recipe":

On voit une tendance saisonnière (avec des pics en décembre pour les fêtes de fin d’année), avec une augmentation régulière en France et une perte de vitesse récente aux Etats-Unis. Et la recherche est plus populaire chez les Français que chez les Américains. Cocorico ? Pas si vite, je me demande ce que donneraient les termes au pluriel:

Cette fois, ce sont les Américains qui font le plus de recherches. Que se passe-t-il lorsqu’on additionne les deux?

On est à peu près à égalité, sauf pour les deux dernières années. Alors, les Américains auraient-ils tendance à chercher les termes au pluriel plutôt qu’au singulier? Voilà qui fera un sujet de conversation intéressant la prochaine fois que je rencontre un linguiste.

Après la bonne chère, place à la boisson. Les résultats de recherche pour les mots « vin » et « wine »:

Les Américains font plus de recherche que les Francais (peut-être est-ce que parce que la culture du vin fait partie de notre épistémè nationale?) et il y a encore une tendance saisonnière avec un pic en décembre. Ce qui est marrant, c’est que la France a un pic mineur en septembre, la saison des vendanges.

Quant est-il des vacances? Je cherche "vacances" en France et "vacation" et "holidays" aux Etats-Unis:

Eh bien, voilà notre réputation de vacanciers confirmés! La recherche est beaucoup plus populaire en France (courbe bleue), avec un pic majeur en juillet et un mineur en février. Comme je me posais un problème de traduction, j’ai rajouté le terme holiday/holidays, et le résultat confirme ce que je pense : aux Etats-Unis, le mot est surtout employé pour les fêtes de fin d’année (courbe jaune, avec un pic en décembre). Notez que les Américains semblent de moins en moins intéressés par les vacances, c’est un peu triste.

Parlons maintenant politique:

Les Français semblent plus intéressés par la politique que les Américains (mais de moins en moins), qui eux semblent concentrer leurs recherches lors des périodes électorales (et encore, tous les 4 ans, ce qui montre bien le désintéressement de la population pour les élections de mi-mandat). Je vous voir venir avec votre question sur les possibilités de "prédire" les résultats des élections à la façon Google Flu Trends: d’après cet article, ça ne marche pas (mais on sait maintenant que les sondages non plus...) Ce qui est rigolo également, c’est la tendance saisonnière en France, avec un gros creux en juillet et août: pendant les vacances, il semblerait qu'on ne parle pas politique.

En plus de la politique, c’est l’amour qui conduit le monde. J’ai donc commencé par le côté "romantique" avec le mariage (en tenant compte de la double traduction du mot mariage : wedding pour la cérémonie, et marriage pour l’union de deux personnes), suivi du revers de la médaille avec le mot "divorce":

Les gens font plus de recherche sur les mariages que sur les divorces (tant mieux!), et les Américains semblent plus motivés par la chose. Le pic de recherche commence en janvier (à cause des bonnes résolutions?) pour atteindre un maximum pendant l’été et marquer un gros creux à l’automne. Remarquez le pic des recherches dans les deux pays en avril 2011, qui correspond probablement au mariage du Prince William et de Kate (il faut dire que même moi qui ne suis pas l’actualité des stars étais au courant).

Bon, passons aux choses plus sérieuses avec les mots "sexe" et "sex":

On voit que l’intérêt était équivalent en France et aux USA il y a 12 ans, mais que la popularité de la recherche a beaucoup diminuée en France (j’ai aussi vérifié le mot "sex" en France, en me disant que les gens pouvaient également chercher ce terme). Là, je cale sur une explication… Vous êtes les bienvenus de partager la vôtre dans les commentaires!

Ce qui est curieux aux Etats-Unis, c’est la répartition géographique de la recherche:

Pourquoi l’Oregon arrive-t-il en tête? Si j’ai une explication pour le Kansas, qui est le centre géographique des Etats-Unis et donc l’Etat vers lequel pointent les adresses IP non localisables, je n’en ai pas plus pour l’Etat de Virginie qui arrive sur la troisième marche du podium. En France, la région la plus coquine est la Picardie, suivie de l’Auvergne et de la Bourgogne.

Bon, je pense qu’il y a moyen d’écrire tout un livre sur les différences culturelles entre la France et les Etats-Unis en se servant de cet outil pour les illustrations. Mais ces deux billets sont déjà bien assez longs (c’est ça quand on fait du Big Data), bravo si vous êtes arrivés au bout ! Surtout, n’hésitez pas à partager dans les commentaires vos observations et vos recherches rigolotes.

jeudi 10 novembre 2016

Le lendemain du jour d’après

Petit à petit, on s’habitue à la réalité que Donald Trump devienne président des Etats-Unis en janvier prochain. De nouvelles réflexions me viennent peu à peu, que je partage ici (après tout, c’est l’intérêt d’avoir un blog!):
  • Tout son programme n’est pas à jeter, comme par exemple ses projets d’infrastructures (qu’Hillary Clinton avait aussi) ou le projet de congé maternité (moins bien que celui de Clinton car d’une durée de 6 semaines contre 12, mais qui a le mérite d’exister). Par contre, le gros problème de ce programme est qu’il risque de laisser aux Etats-Unis un déficit colossal. D’après le Comité pour un budget fédéral responsable (une organisation non partisane), le plan de Trump rajouterait 5.3 trillons de dollars à la dette nationale américaine (qui est de 14 trillions de dollars). Pour comparaison, le plan de Clinton n’en aurait rajouté "que" 200 millions. On sait que les programmes ne sont jamais actés comme prévus, et qu’on est beaucoup dans le conditionnel, mais nous voilà prévenus.

  • Ma déception par rapport à la couverture médiatique générale des élections, notamment du New York Times et de ses sondages. Certes, Donald Trump était donné toujours avec une chance de gagner, mais celle-ci était si maigre qu’on y croyait à peine (toujours moins de 20%). Les faiseurs d’opinion n’ont pas vu venir la chose. Oui, cela arrive à tout le monde de se tromper. Mais comme pour la crise de 2008, je me demande: comment, le jour d’après, pouvons-nous encore écouter ces experts, lire ces colonnes d’opinion; quelle légitimité cette intelligentzia a-t-elle ? Comment pouvons-nous encore déblatérer sur des chiffres, alors que le fait que tous les sondages se soient trompés délégitiment soit la collecte soit le traitement des données ?

La page de pronostiques du New York Times, dernière mise à jour mardi soir à 22h20 (ET). Les 15% de chances se sont finalement réalisées (mais c'est le principe des statistiques).

Les sondeurs réalisent enfin que leur méthodologie est à revoir. Comment en tireront-ils les conséquences ?
  • La volonté de certains Américains de quitter les Etats-Unis, notamment d’immigrer au Canada, qui aurait fait planter les serveurs du site de l’immigration canadien. En réalité, si on regarde l’outil Google Trend que je vous présentais mardi, la recherche « How to move to Canada » a été beaucoup plus populaire après le Super Tuesday du 1er mars, où Donald Trump était arrivé en tête dans sept Etats sur les onze qui votaient ce jour-là. D’ailleurs, si vous regardez encore plus loin dans le passé, vous verrez un petit pic lors de la réélection de George W. Bush en 2004 (beaucoup plus petit quand même !) Ce qui serait intéressant serait d’avoir les chiffres du Canada pour voir s’il y a effectivement des gens qui passent à l’acte, ou si ce n’est qu’un mécanisme de gestion du stress provoqué par le résultat de l’élection.

Popularité de la recherche « Comment déménager au Canada » au cours de 12 derniers mois.

Popularité de la recherche « Comment déménager au Canada » depuis 2004.
  • Le discours des deux candidats : j’ai enfin pris le temps de les regarder, et voici mes réflexions. Tout d’abord, sur la mise en scène du discours de victoire de Trump, et notamment le choix des musiques lors de son arrivée et de son départ de la scène. Un vrai moment de télé réalité qui m’a donné la nausée, avec en fond sonore la foule de spectateurs scandant USA ! USA ! USA ! La poignée de main entre Trump et Pence à la fin, avec Trump qui tire Pence violemment à lui (deux fois). On a bien compris qui était le boss! Et surtout, la médiocrité du discours de Donald Trump, qui fait un gros contraste avec l’articulation de celui d’Hillary Clinton. Puis, je me suis fait la réflexion que les électeurs de Trump préféraient probablement son discours, avec une pauvreté de vocabulaire et de grammaire affligeante. Je me suis posée la question d’écrire un programme pour analyser la richesse du vocabulaire (j’ai du temps à perdre avec un bébé de 3 mois), puis j’ai trouvé ce papier étudiant la qualité des discours des candidats à la nomination. Comme les chercheurs ont eu la bonne idée de donner leurs chiffres, j’ai pu retracer les graphiques qui donnent l’âge équivalent du vocabulaire et de la grammaire de Clinton (en bleu) et de Trump (en rouge). Ces graphiques parlent d’eux-mêmes, quoique les courbes ne sont pas aussi éloignées que ce que j’aurais pensé et que tout est bien bas à mon goût.

Bon, Trump a quand même appelé à l’unité, et a dit vouloir être le président de tous les Américains, c’est apprécié. Je respecte le choix démocratique, et vous ne me trouverez pas manifester contre Trump comme certains le font en ce moment (« Not my president ! »), tout comme je ne suis pas sortie dans la rue lorsque Sarkozy a été élu en 2007.

J’ai bien aimé le discours d’Hillary Clinton, son appel à accepter les résultats ("Donald Trump is going to be our president. We owe him an open mind and the chance to lead "). Mais elle a aussi bien souligné les points sur lesquels il faudra être vigilant lors de la présidence de Trump : le respect des droits de l’homme ("[...] we are all equal in rights and dignity; freedom of worship and expression. We respect and cherish these values, too, and we must defend them."), l’environnement ("protecting our country and protecting our planet "), et la diversité de l’Amérique ("we believe that the American dream is big enough for everyone. For people of all races, and religions, for men and women, for immigrants, for LGBT people, and people with disabilities. For everyone." ).

  • Sur la frustration (bien compréhensible) de beaucoup d’immigrés ou d’expatriés de s’être senti seulement spectateurs lors de ces élections: nous ne sommes pas totalement démunis non plus. Lorsqu’on est l’heureux détenteur d’une carte verte, il n’est certes pas possible de voter, mais il est autorisé de faire des dons financiers aux partis politiques. On peut également participer à la campagne elle-même en tant que volontaire. D’ailleurs, quelque soit son statut d’immigration, il est de toute façon toujours possible de militer ou de donner à des associations qui se battent pour des valeurs qui vous tienne à cœur, comme Planned Parenthood qui défend l’avortement (je la cite car c’est un droit qui m’est cher, une femme devrait être libre de choisir ou non de porter et d’avoir un enfant). La politique ne s’arrête pas aux élections, et la société civile américaine est tout aussi dynamique qu’en France.

  • Enfin, la forte polarisation du pays que cette élection met en avant: combien de temps l’Union des Etats perdura-t-elle? En Californie, le résultat des élections rajoute de l’eau au moulin de Yes California, une association qui promeut la création d’un Etat de Californie indépendant. La question de la fin de l’Union me trotte dans la tête depuis que je vis aux Etats-Unis, j’en parle quelques fois aux Américains que je connais et ça m’amuse de voir les diverses réactions, jusqu’au « je pense que rien que d’en parler, cela s’apparente à un acte de trahison. » (Genre: tu ferais bien de faire attention à ce que tu dis. Au temps pour le premier Amendement !) Mais l’ordre mondial ne sera pas toujours ce qu’il est maintenant (à quand la redéfinition du Conseil de Sécurité de l’ONU?), et les Etats-Unis n’ont pas toujours été si unis, notamment lors de la guerre de Sécession.

La couverture de la FAQ de Yes California, qui appellee au « Calexit » (vous pouvez trouver le document là)

S’il semble difficile pour la Californie de faire sécession seule et légalement (il faut en effet amender la Constitution, ce qui demande une majorité de 2/3 du Congrès puis la ratification de 3/4 des Etats), peut-être qu’une coalition d’Etats démocrates le pourrait ? Certains Etats républicains ne verraient pas forcément cela d’un mauvais œil, cela marche dans les deux sens. D’ailleurs, je découvre à l’occasion de l’écriture de ce billet (encore une fois grâce à Google Trends, décidemment, c’est l’outil du mois !) le mouvement sécessionniste de 2012 : après la réélection de Barack Obama, des Américains ont lancé des pétitions populaires pour demander la sécession de leurs Etats au gouvernement. Six de ces pétitions (Louisiane, Alabama, Floride, Tennessee, Géorgie et Texas) ont dépassé la barre des 25000 signataires, ce qui oblige le gouvernement fédéral à donner une réponse (un gracieux non dans ce cas).

Popularité de la recherche du mot sécession depuis une semaine : on voit que la Californie se montre très intéressée, ainsi que le Vermont (l’Etat de Bernie Sanders) et les autres Etats de la côte Ouest. Une coalition en train de se construire?

J’aimerais conclure ce billet avec un nouvel extrait du discours de défaite d’Hillary Clinton: "Never stop believing that fighting for what's right is worth it." ("Ne cessez jamais de croire que se battre pour ce qui est bien en vaut la peine." - Pour le coup, la traduction française est bien, car elle doit en avoir de la peine, Hillary Clinton !)

mercredi 9 novembre 2016

Douche froide

Encore une fois, me voilà à écrire un billet que je ne pensais jamais écrire. Les analyses du pourquoi et du comment de cette élection ne manquent pas, mes mots n’apporteront rien de plus, ne changeront rien au résultat. Ecrire ce billet est surtout une catharsis personnelle (et une façon d’éviter de faire trop de copier-coller dans ma réponse aux emails…) J’avais dans l’idée de me réveiller ce matin, d’avoir la confirmation qu’Hillary Clinton serait la prochaine présidente des Etats-Unis, et d’écrire juste un mot, en gros : OUF ! Peut-être dire en quelques lignes que ce n’était pas ma candidate favorite (j’ai soutenu Bernie Sanders lors des primaires démocrates), que je n’étais pas très à l’aise avec ses liens avec Wall Street, sa vision de la politique étrangère ou la façon dont la Fondation Clinton est gérée (je ne parle pas de la gestion de ses emails car je ne suis pas arrivée à me faire une opinion éclairée sur le sujet). Mais que j’étais par contre ravie que le 45ème président des Etats-Unis soit une présidente.

Et puis la douche froide. Hier, dès que les résultats qui arrivaient montraient que Donald Trump avait fait beaucoup mieux que prévu dans les Swing States. L’attente, jusqu’à plus d’une heure du matin, jusqu’à ce que Trump ait 264 voix du collège électoral (quasiment les 270 qu’il lui fallait donc) et que je décide d’éteindre mon cerveau et mes espoirs. Le réveil demain sera difficile. Je retrouve la même sensation d’irréalité qu’en 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen est arrivé au second tour des élections présidentielles françaises. Seulement, j’ai encore plus de peine. Je sais qu’en France, il y a environ 20% de gens qui peuvent voter à l’extrême droite. Mais en France, il y a eu des manifestations dans la rue contre le Front National, un soulèvement du peuple pour dire non. Il y a eu le rassemblement républicain derrière Jacques Chirac. Aujourd’hui, c’est Donald Trump qui vient d’être élu président du pays dans lequel j’habite. D’un pays dans lequel je vis depuis presque cinq ans, que j’ai appris à aimer malgré ses défauts, pour lequel j’ai appris à rêver d’un avenir progressiste, et dont j’admire la capacité à accueillir les immigrants que nous sommes. La douleur que je ressens est une nouvelle preuve que je fais petit à petit de ce pays une deuxième patrie (c’est le sujet d'un prochain billet, que j’aurais tant voulu publier dans des circonstances différentes).

Alors j’essaie de rationaliser ma peur. Pourquoi suis-je tant choquée et effrayée par cette victoire ?

A cause de l’homme Donald Trump. Un homme qui depuis plus d’un an, n’a cessé de montrer un côté impulsif, raciste et anti-immigrant, misogyne et contre la presse libre. Un homme sans aucune expérience politique. Cet homme va devenir chef des armées, avoir accès aux codes nucléaires, nommer les directeurs des différentes administrations américaines.

A cause de son programme que je regarde à nouveau: sur l’immigration ("Ils apportent de la drogue, ils apportent du crime, ce sont des violeurs," dit Trump des immigrants mexicains sans papier), sur l’avortement ("Je suis contre l’avortement, mais avec des exceptions. Elles sont: vie de la mère (très important), inceste et viol"), sur les armes (soutient ferme au Second Amendement), sur le mariage gay (“Le mariage entre personne du même sexe est un sujet qui devrait être décidé par les Etats" (sachant que plusieurs Etats sont résolument contre)), sur les libertés civiles (“Lorsqu’il s’agit de trouver un équilibre entre la sécurité et la vie privée, nous devrions pencher du côté de la sécurité.”) (Toutes les citations sont des traductions de ce que l’on trouve lorsqu’on cherche Donald Trump issues sur Google.com). Peut-être que le plus effrayant est que beaucoup de positions sur des sujets importants comme la santé, l’environnement ou l’économie restent très vagues.

A cause aussi de ce que la victoire complète des Républicains veut dire pour l’avenir de la Cour Suprême, qui va devenir conservatrice pour probablement de longues années. Or la Cour Suprême joue un rôle très important dans la définition et la défense des droits fondamentaux des citoyens.

A cause surtout de ce que cela veut dire de l’Amérique. J’ai vécu dans une bulle bleue depuis que je suis là, d’abord en Californie (61% pour Clinton contre 33% pour Trump), puis dans le County d’Allegheny en Pennsylvanie (56% pour Clinton contre 40% pour Trump). Je fréquente des gens plutôt démocrates. C’est une Amérique éduquée, tolérante, diverse et ouverte d’esprit que je vois au quotidien. Mais aujourd’hui, me voilà forcée d’enlever mes œillères et de voir l’Amérique qui a élu Donald Trump. Même si le vote populaire est en faveur d’Hillary Clinton, la différence est trop maigre pour que cela me console (moins de 1%). J’habite en Pennsylvanie, cet Etat Swing que l’on pensait encore en fin de journée le 8 novembre acquis aux démocrates. Le vote a été serré (49 % contre 48%), mais c’est finalement les Républicains qui ont remporté l’Etat en dépit des prédictions. J’ai bien vu la prévalence des signes Trump-Pence dans les pelouses de la banlieue qui nous environne, mais j’étais rassurée par le fait que ceux-ci cédaient la place à des signes Clinton-Kaine lorsqu’on s’approchait de Pittsburgh. J’en deviens même paranoïaque et repense par exemple à ce que voulait vraiment savoir cette dame qui me demandait si bébé O était né ici (« Yes, he’s an American like you » ai-je répondu (« Oui, il est américain comme vous »)).

Concrètement, que cela change-t-il pour nous ? D’ailleurs, à quel point le président des Etats-Unis a-t-il de l’importance ? Pas autant qu’on pourrait le penser d’après Freakconomics Radio, qui a mis en ligne aujourd’hui un épisode bonus sur le sujet. Concrètement, nous avons la carte verte et sommes donc immigrant légaux. Si la loi ne change pas, nous devrions pouvoir avoir la nationalité américaine d’ici trois ans et voter à la prochaine élection présidentielle (et nous serons d’autant plus motivés pour le faire que nous sommes dans un Swing State !) Ce n’est pas le cas de 11 millions d’immigrants sans papier, certains avec des enfants américains, qui doivent avoir ce soir très très peur d’être déportés vers un pays qui n’est plus le leur. Nous avons une bonne assurance santé via le travail de mon mari, et nous ne vivons pas l’incertitude des plus de 12 millions de personnes qui sont assurés via les marchés mis en place par Obamacare. Nous ne sommes pas musulmans et nous n’avons pas à nous inquiéter de la façon dont nos concitoyens perçoivent notre religion comme les plus de 3 millions de musulmans américains. Il se peut que la réforme des impôts nous soit favorable, d’autant plus que Trump a annoncé des aides intéressantes pour les gardes d’enfants en bas âge (non dépendant des revenus comme c’était le cas pour le plan de Clinton). Après tout, Donald Trump reste le nominé républicain et malgré sa promesse de s’occuper des "oubliés", c’est probablement les plus favorisés qui bénéficieront de sa politique.

Que me reste-il en ce lendemain du 8 novembre ? Un espoir. Car l’histoire de Pandore se répète encore et toujours : hier, Donald Trump est sorti des urnes électorales américaines, mais dessous le couvercle, il reste une lueur. Et si, après quatre ans de présidence Trump, après le travail préparatoire qu’ont accompli Bernie Sanders et ses supporters lors de ce cycle électoral, le 46ème président des Etats-Unis était effectivement une présidente: Elizabeth Warren, la sénatrice démocrate progressive du Massachussetts ?

mardi 8 novembre 2016

Demande à Google #1

Comme bien souvent lors de la rédaction d’un billet de blog, je suis des chemins imprévus et je tombe sur des choses rigolotes, intéressantes ou inattendues – parfois les trois à la fois (c’est un des côtés sympa de tenir un blog!) Cela m’est arrivé lors de la rédaction du billet dernier, lorsque j’ai écrit "une recherche Google nous offre plein d’idées (j’imagine que c’est la recherche principale le soir et le lendemain d’Halloween!". Je me suis dit : tiens, et si je regardais cela en détail ? 

Une recherche Google plus tard (on y revient sans arrêt) j’ai découvert l’outil que la firme de Mountain View (comme dirait les journalistes du Monde) met à disposition des internautes: Google Trends. Je sais, j’ai dix ans de retard, mais cela n’en a pas diminué mon enthousiasme à m’amuser (et puis, dans ce cas précis, dix ans de retard veut dire dix ans de données supplémentaires). Google Trends permet de visualiser la popularité d’une requête sur le moteur de recherche, et l’on peut affiner les résultats en fonction du temps, des pays voire des régions. Voilà un petit florilège de mes recherches (en 2 parties) (j’ai l’impression de faire du Big Data, pour une fois je suis à la mode):

Commençons tout d’abord par rechercher le terme Halloween. Vous avez ci-dessous le résultat, en fonction du pays (France vs USA) et du temps, ainsi qu’une petite explication de l’interface:

Ce qui saute aux yeux, c’est la périodicité de la recherche, avec un pic tous les ans en octobre. On voit qu’il y a plus de recherches aux USA, mais il faut dire que la population est presque 5 fois plus importante. Je constate aussi qu’en France, après une période de déclin, les recherches sur Halloween repartent à la hausse, mais je me dis qu’il s’agit peut-être du nombre d’utilisateurs d’Internet qui augmente. Bref, la question de la normalisation se pose très vite. Et la réponse est assez satisfaisante, puisqu’une page d’aide explique que "chaque point de données est divisé par le nombre total de recherches effectuées dans la période et le lieu qu'il représente, afin d'effectuer un comparatif de la popularité relative." Donc je peux en conclure de manière satisfaisante que les Américains font plus de recherches contenant le mot "Halloween", et que les Français semblent avoir un regain d’intérêt pour cette fête depuis 2012.

Voyons maintenant la recherche qui m’a amenée sur ce site : Que faire avec les bonbons d’halloween ? Si je compare avec d’autres recherches effectuées aux Etats-Unis, ça n’a pas l’air d’être la préoccupation principale des gens:

Par contre, si je zoome sur l’intérêt de la recherche au cours des 7 derniers jours, ça devient rigolo (et logique).

Ensuite, qu’ai-je cherché ? Mon nom bien sûr ! (Que celui qui n’a jamais fait une recherche sur soi-même me lance la première pierre !)

Ne me trouvant pas, je cherche dieu. Et j’en profite pour utiliser un filtre sur le pays de la recherche: le terme "Dieu" en France, et "God" aux Etats-Unis.

Maintenant que l’on sait que les courbes sont normalisées, on se rend compte que les Américains font beaucoup plus de recherches contenant le mot dieu, et que dans les deux pays, la popularité de cette recherche augmente (lentement mais sûrement). Malheureusement, Google n’a pas toutes les réponses et j’ignore pourquoi (mais ça peut faire un sujet de discussion intéressant !)

Une autre possibilité offerte par le programme est de voir la répartition géographique des recherches. Pour le mot Dieu, voilà ce que cela donne en France:

Tiens, j’ignorais que ma région d’origine (Rhône-Alpes) était tant religieuse! Ha mais oui bien sûr: les résultats sont complètement faussés par le centre commercial de la Part-Dieu de Lyon! Comme quoi, il est important de ne pas faire de conclusion hâtive et d’apprendre à connaître son territoire de recherche… Je me décide donc pour une alternative, et je cherche le mot "bible":

Encore une fois, les Américains sont champions! Quid de la répartition géographique?

Cette fois, c’est Paris, suivi de la région Alsace, qui remporte le pompon. Et aux Etats-Unis, on voit surgir la fameuse « Bible Belt » des Etats du Sud-Est.

Une fois le thème religion épuisé, je décide de regarder les grands sujets de discussions français : la bouffe, les vacances, le vin, la politique et l’amour. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour voir le résultat de mes recherches.

vendredi 4 novembre 2016

La Sorcière Troc (The Switch Witch)

Lottie est revenue de sa tournée trick or treat d’Halloween avec un saut rempli de bonbons (elle n’a pourtant fait que les maisons de notre rue qui n’est pas bien grande!) Bien sûr, on est content pour elle, mais on s’inquiète aussi de la quantité de sucre que cela représente… Après avoir étudié le butin (le bonbon étant un élément éminemment culturel, j’ai tout à apprendre dans le domaine du bonbon américain !), qu’en fait-on ?

Le butin de Lottie après sa tournée trick or treat

Heureusement, une recherche Google nous offre plein d’idées (j’imagine que c’est la recherche principale le soir et le lendemain d’Halloween!) D’après cet article, 2.7 milliards de dollars auraient été dépensés cette année en bonbons: sachant qu’il y a 73.6 millions de mineurs aux Etats-Unis (chiffre 2015), on arrive à une moyenne de plus de $36/enfant, ce qui fait une sacrée quantité de bonbons. Voici un petit palmarès des façons de les recycler:

  • La solution la plus répandue est semble-t-il de les donner à des associations qui envoient des paquets aux soldats américains déployés : les bonbons sont utilisés pour rembourrer les paquets, et il parait que les soldats les offrent aux enfants des pays où ils se trouvent (du coup, un paquet de M&Ms donné à un petit Américain le soir d’Halloween pourra être mangé par un petit Irakien. Si on ne parlait pas de guerre et d’occupation militaire, je trouverais cela poétique…)

  • Un autre grand classique est de les apporter chez un dentiste qui rachètent les bonbons: le taux en vigueur est de 1 dollar par pound (~ 453 g).

  • Utiliser les bonbons pour faire de la cuisine: préparer des mélanges avec des fruits à coque pour en faire des snacks (nous sommes au royaume du snacking après tout), confectionner des gâteaux, voire les utiliser pour des recettes plus intéressantes pour les adultes… (Curieusement, c’est le site du magazine Parents qui suggère cela : « Pair it with wine, Make homemade flavored vodka, Put chocolates into your coffee ». C’est qu’ils savent ce dont les parents ont vraiment besoin !)

  • Les apporter au travail pour que les collègues sans enfant aient le beurre sans dépenser l’argent du beurre.

  • Les échanger contre un cadeau : c’est la solution que nous avons retenue (alliée à la précédente). A cette occasion, nous avons introduit un nouveau personnage au panthéon merveilleux de Lottie, aux côtés du Père Noël et de la Petit Sourie/Fée des dents: la Sorcière Troc (la Switch Witch en anglais, littéralement la sorcière de l’échange, mais après avoir parcouru les 105 synonymes du mot changement, j'ai choisi comme traduction La Sorcière Troc. C’est plus sympa, et surtout beaucoup plus facile à prononcer que Switch Witch). Nous avons laissé Lottie choisir une dizaine de sucreries et nous avons déposé le reste au pied de la cheminée. Et j’ai enfin eu un bon prétexte pour lui offrir la poupée Lottie astronome ainsi que quelques livres.

La Sorcière Troc est très gourmande, mais aussi très généreuse !

lundi 31 octobre 2016

Avant-dernière station avant la mort

Pour halloween, sortons les squelettes des placards!

« Réarrange ta cravate, Balabamba ! » (C’est le petit nom de notre musicien.)

En pensant à l’écriture de ce billet, une citation de Kundera me trottait dans la tête : le kitsch est l’avant-dernière station avant la mort. Du coup, je me disais que notre déco d’Halloween allait encore plus loin, car pour le coup, notre musicien on-ne-peut-plus kitsch est on-ne-peut-plus mort ! Finalement, je n’ai pas retrouvé la citation de Kundera, qui a cependant défini le kitsch comme « la station de correspondance entre l’être et l’oubli ». Il a aussi écrit que « La fraternité de tous les hommes ne pourra être fondée que sur le kitsch » ce qui va bien avec un certain état d’esprit américain.

Aux Français qui pensent « quelle horreur Halloween ! », je répondrais que c’est en fait très similaire à notre traditionnel carnaval de février (les enfants qui se déguisent et défilent), avec les bonbons en plus (les crêpes et les bugnes en moins), et surtout un esprit de voisinage très vivant lors de la tournée « trick or treat ».

Sur ce, voici ma petite treat personnelle d’Halloween (en espérant que cela vous fasse rire autant que moi !)

vendredi 28 octobre 2016

Votre supermarché vous veut du bien

En septembre, la FDA (Food and Drug Administration, l’organisme qui réglemente les produits alimentaires et les médicaments aux Etats-Unis) a interdit la commercialisation de certains savons antibactériens sans ordonnance (19 ingrédients spécifiques sont visés). Cette interdiction repose sur deux raisons : 1. L’utilisation quotidienne à long terme de ces produits n’est pas prouvée sans danger, et 2. Ils ne semblent pas plus efficaces que le nettoyage à l’eau et au savon pour prévenir les maladies et les infections.

Les fabricants ont donc un an pour retirer les produits du marché ou éventuellement les reformuler. En conséquence de quoi, les supermarchés font des promos sur les savons antibactériens ! Et c’est là où, encore une fois, je me dis que je n’ai décidemment pas du tout l’esprit commerçant.

Remarquez que les sites d’achat sur Internet ne vous veulent pas plus de bien que votre supermarché: par exemple, je n’ai pas réussi à trouver la liste d’ingrédients dans les savons antibactériens sur jet.com (il faut aller sur le site du fabricant).

Pour être tout à fait honnête, et parce que j’aime bien vérifier les détails, fussent-ils en petits caractères (des fois que j’y fasse des rencontres intéressantes), j’ai vérifié les ingrédients des savons antibactériens que j’ai pris en photos: les ingrédients actifs sont le benzalkonium chloride ou le benzethonium chloride, et ils ne font pas partie de la liste des 19 ingrédients (je suspecte que la plupart des produits contenant les ingrédients incriminés ont déjà disparu des étalages). Cependant, la FDA cite le benzalkonium chloride et le benzethonium chloride dans son ordonnance car elle attend les résultats d’études en cours. Cela sent la pression des industriels à plein nez: “Requests were made that benzalkonium chloride, benzethonium chloride, and chloroxylenol be deferred from inclusion in this consumer antiseptic wash final rulemaking to allow more time for interested parties to complete the studies necessary to fill the safety and efficacy data gaps identified in the 2013 Consumer Wash PR for these ingredients” (je suis un peu mauvaise langue car j’ai quand même fini par trouver un document de la FDA avec plus d’information sur ces produits (pages 21-23, pour ceux qui s’ennuient) et j’admets que, bien que je comprenne les réserves contenues dans le rapport (tout à fait dans mon style pointilleux!), je n’aurais pas de problème à les utiliser de temps en temps).

50% ! Ce produit n’est plus fabriqué, achetez tant qu’il y a du stock !

A savoir que si vous n’avez pas de savon sous la main, vous pouvez utiliser un produit à base d’alcool, avec un degré de 60% minimum. C’est bien pour cela que je conserve précieusement dans nos armoires de l’Elixir Végétal de la Grande-Chartreuse! (69°. Et encore, l’Europe est passé par là, elle titrait 71° avant 2010…)

Au passage et un peu dans la même veine, j’ai décidé de ne plus manger de bonbons bleus après lecture de cet article du New York Times« Research shows that Blue No. 1 [E133 en Europe] is the only dye that crosses the blood-brain barrier, which exists to protect the brain from toxins and pathogens. It enters the fluid inside the skull, but scientists know almost nothing about what it does once it’s there”. Il faut encore que je prenne le temps de regarder tout cela en détail, car comme n'importe quel expert le sait, les journalistes prennent parfois des raccourcis un peu rapides... et le sujet des colorants alimentaires est TRES vaste et TRES controversé!

Une bien triste récolte : si j’avais l’esprit commerçant, je les offrirais pour Halloween! 
Pour entrer dans les détails, seuls les M&Ms contiennent le E133. En première approximation, les Smarties sont ok, à voir pour les Car-en-Sacs et les Dragibus qui contiennent du E131, colorant alimentaire interdit dans plusieurs pays dont les Etats-Unis...

mardi 25 octobre 2016

Dame d’Automne

En voyant les belles photos d’automne du blog jolibonheur.com, je me suis dit que ce serait une petite activité sympathique à faire avec Lottie. Ni une ni deux, nous sommes sorties collecter quelques feuilles d’automne jeudi dernier, et nous avons réalisé le portrait que voici :

Notre Dame d'automne 2016

J’espère pouvoir en faire une tradition et vous présenter chaque année une nouvelle composition !

Notre espace de travail : Lottie adore "écrire", même si pour l’instant, elle fait surtout des zig-zags!

Au passage, nous avons fait un petit exercice d’écriture Montessori inspiré des papiers qu’elle ramène de son école: j’écris des mots ou des chiffres au feutre fluo, et elle repasse dessus avec un feutre noir (je dis que c’est un exercice Montessori parce que c’est la pédagogie de son école, mais si ça se trouve, c’est ultra-classique comme type d’exercice à la maternelle). Je suis impressionnée par ce qu’elle est capable de faire à 3 ans ! Bon, en tant que maman, je ne peux pas dire que je suis objective… Le seul petit problème est que comme elle est gauchère, elle a tendance à tracer les lettres à l’envers. Je suis aussi passée par là, donc j’espère qu’elle va s’en sortir, si possible sans être privée de récrée (oui, y’a du traumatisme dans l’air…)

Exercice d’écriture Montessori

vendredi 21 octobre 2016

5 conseils pour acquérir une culture politique aux Etats-Unis

Ce mois-ci, je n’avais pas prévu de participer au 20th in America, dont le sujet était "Vos conseils aux futurs expatriés aux Etats-Unis". Les autres bloggeurs ont très bien couvert le sujet et je vous invite à lire leurs articles en lien à la fin de ce billet. Mais aujourd’hui, en repensant au dernier débat présidentiel, je me suis dit que j’avais finalement un conseil à partager: la façon dont j’acquiers petit à petit la culture politique du pays.

Au débat présidentiel de mercredi (le dernier entre Hillary Clinton et Donald Trump avant l’élection du 8 novembre), j’étais assez contente de moi lorsque j’ai trouvé le premier sujet très pertinent (à noter que le journaliste était de Fox News, une chaîne très conservatrice): il s’agissait du futur de la Cour Suprême. Et encore plus contente lorsque j’ai compris la réponse d’Hillary Clinton, comme par exemple cet extrait : “it is important that we not reverse marriage equality, that we not reverse Roe v. Wade, that we stand up against Citizens United”. Il y a cinq ans, tout cela me serait complètement passé au-dessus de la tête. Aujourd’hui, je connais l’importance des décisions de la Cour Suprême, la façon dont les juges (les Justices en anglais) sont nommés et peuvent garder leur poste à vie, le poste vacant actuellement laissé par feu le très conservateur juge Antonin Scalia, et les décisions importantes que la Cour a prises comme la légalisation du mariage gay, Roe vs Wade (avortement reconnu comme un droit constitutionnel) ou Citizens United (participation des entreprises au financement des campagnes politiques).

Parler politique aux Etats-Unis n’est pas toujours évident, mais petit à petit, j’acquiers suffisamment de vocabulaire, de codes et de connaissances pour avoir des conversations intéressantes.

Il me reste encore beaucoup à apprendre et à comprendre (a-t-on jamais fini ?), mais voilà quelques conseils pour progresser dans le domaine:

  1. Acquérir les bases: en arrivant aux Etats-Unis, je ne connaissais pas grand-chose de l’histoire ou du fonctionnement du pays. J’ai donc eu recourt à ma méthode favorite pour apprendre quelque chose: acheter un livre! Nous avons donc dans notre bibliothèque U.S. History For Dummies et The Complete Idiot's Guide to U.S. Government and Politics. Deux ouvrages faciles d’accès, rapides à lire et qui donnent une base solide sur l’histoire et les institutions du pays. 

    La quatrième de couverture de The Complete Idiot's Guide to U.S. Government and Politics. Notez la petite phrase en haut à gauche (« Our government works. Here’s how »), qui est déjà une affirmation politique à elle toute seule car il est de bon ton pour les conservateurs de dire que le gouvernement est cassé et ne marche pas.
  2. Joindre un groupe de discussion: lors de mes premiers mois aux Etats-Unis, j’ai pris pas mal de cours dans des community centers, dont « U.S. Foreign Politics ». J’étais assez déçue par le contenu qui s’apparentait de fait à un club de discussion du quatrième âge, mais j’ai apprécié écouter les discussions qui partaient souvent au-delà de la simple politique étrangère. Outre dans les community centers, vous pouvez trouver des groupes de discussion dans les bibliothèques ou sur Meetup.com (et dans les zones densément urbanisées comme la Baie de San Francisco, ça vaut le coup de faire le tour des community centers et des bibliothèques pour étendre ses options). Je trouve que le fait d’être nouveau venu dans le pays permet également de discuter plus facilement politique avec collègues et amis, car il est plus facile d’aborder des sujets de société avec la candeur de l’étranger et de poser des questions "naïves".

  3. Lire la presse: bien sûr ! De mon côté, je suis abonnée au magazine The Week, que je recommande à tout nouvel arrivant. Il s’agit d’un hebdomadaire qui résume l’actualité de la semaine telle qu’elle est publiée dans plusieurs journaux. Les articles sont très courts et condensent différents points de vue. Cela m’a permis d’avoir une idée du positionnement politique des divers journaux, avec par exemple The New York Times du côté démocrate et The National Review du côté républicain. C’est aussi très intéressant d’avoir la perspective des différents courants qui traversent la société américaine, cela donne une bonne idée du paysage politique et des clivages. The Week parle aussi de l’actualité mondiale, économique et culturelle. Il y a une page "Making Money" qui m’a permis au fil du temps d’y voir plus clair sur les systèmes bancaire, de crédit et de retraite américain, et une page "Obituaries" que je ne trouve pas si glauque que cela, car elle m’instruit sur les Américains qui ont marqué le XXème siècle. Depuis quelques mois, j’ai aussi un abonnement digital au New York Times pour suivre l’actualité un peu plus en profondeur.

    La couverture de The Week du 1er juillet 2016 : grâce à elle et au fait que Lottie, lorsqu’elle l’a vue, a fait la remarque « Il a peur l’éléphant ! » (« Oui, c’est vrai ma chérie »), je me rappellerai toujours que l’éléphant est le symbole du parti républicain (appelé souvent « GOP »). Si vous allez parcourir la galerie des couvertures du journal, vous verrez pas mal d’éléphants en détresse...
  4. Ecouter la radio: j’aimais écouter des podcasts en France, et l’habitude m’est restée ici. J’ai toujours dans ma Play List quelques émissions de Radio France, et j’ai rajouté To The Point et Left, Right & Center pour les émissions politiques américaines (je suis en train d’écrire un article sur les podcasts en anglais que j’écoute pour plus de détails). « To The Point » est une émission quotidienne d’une heure qui parle d’un sujet d’actualité, et « Left, Right & Center » est diffusé tous les vendredis (durée de 30 minutes). Il y a beaucoup de discussions sur la présidentielle en ce moment (un peu trop à mon goût), mais même hors cycle électoral, c’est souvent très intéressant et culturellement éducatif.

  5. Regarder la télévision: pour le coup, je n’ai aucun conseil dans ce domaine, car nous n’avons pas la télévision à la maison (nous regardons des vidéos à la demande sur Netflix ou Amazon). Mais avec toutes les chaînes qui existent, il doit y avoir des émissions politiques intéressantes. A explorer donc !

Cet article participe au défi blog « The 20th in America » initié par Laetitia de French Fries and Apple Pie et Isabelle du blog FromSide2Side

20th in America

Ce mois-ci, les participants sont :
Je rajoute à la liste un article du blog Les aventures de la famille Bourg sur l'expatriation, car à travers la liste dressée par Sara, vous pouvez deviner ce à quoi il faut vous préparer si vous souhaitez un jour vous expatrier.

mardi 18 octobre 2016

Tourne, tourne, petit moulin (mobile pour bébé)

Au mois de juillet, je me suis surprise en pleine période de nidification (nesting en anglais), avec notamment un besoin urgent de refaire la déco complète de la nursery (un terme que je n’arrive jamais à traduire en français, et qui désigne la chambre du bébé - lorsqu’il ne veut pas dire « pépinière » (pour les plantes) ou « pouponnière » (la pièce où l’on met les bébés à la maternité quand la maman a besoin de DORMIR)). Bref, je suis devenue obsédée par la confection de nouveaux rideaux, le choix des tableaux et la recherche du mobile parfait. Vous savez, celui qui est à la fois joli pour les adultes, avec des couleurs bien contrastées adaptées à la vue d’un tout petit, et surtout qui soit intéressant lorsqu’on le regarde allongé - parce que c’est quand même la position du spectateur principal !

Finalement, je me suis décidée pour celui-ci au-dessus du berceau, et je dois dire j’en suis très contente : le mobile parfait selon mon échantillon très représentatif de 1 bébé (mise à part que les couleurs jurent complètement avec la déco de la chambre !)

Mais je ne me suis pas arrêtée là: comme j’aime bien l’idée de commander à mes « collègues » d’Etsy, j’ai parcouru des pages et des pages de mobiles tous plus adorables les uns que les autres, mais qui ne correspondaient pas au cahier des charges. Lorsque je suis tombée sur un magasin qui vendait exactement ce que je recherche : un « pinwheel mobile », c’est-à-dire un mobile fabriqué avec des moulins à vent. A presque 60 dollars le mobile, pour un peu de métal et de papier, ça m’a quand même fait réfléchir. Deux minutes: jusqu’à ce que je me dise que je pouvais tout aussi bien le faire moi-même pour un quart du prix. C’est un peu l’inconvénient d’Etsy : comme ce sont des produits artisanaux, il est parfois facile d’y piocher des idées et de faire les choses soi-même – pour paraphraser un légionnaire romain : « Do It Yourself qu’ils disaient ! »

Liste du matériel :

  • Un mobile à photos (il en existe en cuivre ou en argenté) ($12) (la version argenté se trouve également sur Amazon.fr à 10 euros)
  • Un bloc de papier de scrapbooking ou de papier origami. J’ai pris du 15 cm x 15 cm (6’’ x 6’’ aux US) imprimé recto-verso (pour me simplifier la vie et réduire les opérations de coupage et collage), trouvés sur Amazon et dans un magasin de loisir créatif (par exemple celui-ci, ou encore ceux de la marque My Mind’s Eyes) (environ $5)
  • Des attaches parisiennes
  • Du fil de pêche
  • Matériel divers : règle, ciseaux, cutter, pince (pour torturer le mobile à photos)

Je ne vous ferai pas l’affront d’un tutoriel détaillé, mais voici les petits trucs appris au passage :

  • Le mobile sera plus équilibré (au sens esthétique du terme), si les moulins à vent sont étagés;
  • J’ai déformé les barres métalliques pour qu’elles soient moins courbées afin d’aérer la structure;
  • On peut utiliser des moulins à vent de différente taille : mon premier mobile (le rouge) avait des grands moulins (21 cm d’envergure), et je trouvais que cela faisait trop encombré. Celui en bleu et jaune a donc des petits moulins (~ 10 cm), tout comme les mobiles vendus sur Etsy d’ailleurs;
  • Toujours dans l’esprit d’aérer la structure, on peut mettre moins de moulins que 10 (par exemple faire un mobile avec de grands moulins mais n’en mettre que 6).

Le mobile bleu et jaune est donc accroché au-dessus de la table à langer de O, et là encore, d’après mon échantillon, il a un succès fou avec les bébés !

mardi 11 octobre 2016

Le livre du mois #2: Non pas dodo !

  • Titre :  Non pas dodo !

  • Auteur : Stéphanie Blake (tiens, je découvre à l’occasion de cet article qu’elle est née aux Etats-Unis – mais qu’elle vit à Paris et écrit en français.)

  • Age : à partir de 2 ou 3 ans

  • Pourquoi nous aimons ce livre : parce qu’il s’agit d’une histoire de tendresse au sein d’une fratrie, qui parlera à ceux qui ont passé des journées à jouer dans les bois avec leurs frères, sœurs ou cousins. Parce que les dessins et le style sont enfantins et appréciés pour cela, et parce que la mise en page du texte est très sympa (un peu à la Emilie). De façon générale, Lottie aime bien cette série dont Simon le lapin est le héros (nous avons également Je veux des pâtes ! et Superlapin).

  • Vous aimerez ce livre si vous aimez : les cabanes trop stylées, les grands frères courageux, les petits frères têtus et admiratifs, les aventures nocturnes.

vendredi 7 octobre 2016

Les enfants de la 3ème culture et le président

Suite à la petite phrase d’actualité de Sarkozy « Dès que vous devenez français, vos ancêtres sont gaulois » (qui a heureusement provoqué un tollé!), je voulais partager cette photo de l’anniversaire de la petite Kayal : sur cette table de 6 petites filles qui attendent avec impatience leur morceau de pizza (encore une fois LA nourriture des rassemblements aux USA), était représenté le monde : Kayal dont les parents sont indiens, Cici dont les parents sont chinois, Zola dont les parents viennent du Togo, Lea, dont la maman est du Brésil et le papa américain, et notre petite Lottie venant de France (j’avoue, je ne sais pas d’où vient la 6ème…)

Toutes ont des parents "immigrés" de première génération et, si elles font leur vie aux Etats-Unis, elles seront de la deuxième génération. Toutes sont des enfants dites de la "3ème culture", élevées dans une famille culturellement différente de la société dans laquelle elles vivent. Faut-il que nous enseignions à Lottie, Cici, Zola, Kayal et Lea que leurs ancêtres sont les Indiens d’Amérique ou les colons anglais fuyant les persécutions religieuses ? Personne n’aurait l’idée de demander cela ici !

Pour une fois que j’apprécie un article du Monde, je m’empresse de le citer : « Car aux Etats-Unis, pays d’immigration, l’identité nationale n’est pas exclusive d’un attachement à ses racines ni à sa culture d’origine » (De Sarkozy à Trump, petites leçons sur l’identité nationale, de S. Kauffmann). Et c’est là un des bons côtés de ce pays que j’apprends à aimer petit à petit, qui participe à sa richesse concrète autant qu’abstraite. L’immigration et l’expatriation sont des sujets complexes qui se prêtent mal à la simplification des discours en période électorale (lire ce post de blog très rigolo datant de 2012 sur les bons expatriés et les mauvais immigrés).

Je suis bien contente de ne pas voter à droite et de ne pas avoir à choisir aux primaires entre un ancien président qui joue le jeu de l’extrême droite et un repris de justice (lire la page wikipedia d’Alain Juppé et de ses affaires judiciaires... Il est amusant de rappeler que son année d’enseignement au Québec a posé des questions d’éthique à certains universitaires du fait de son casier judiciaire... De mon côté, je suis pantoise devant son indécence à prétendre maintenant aux plus hautes fonctions de l’Etat. Il y a décidemment un problème de renouvellement des élites politiques – à droite comme à gauche…)

mardi 4 octobre 2016

Artiste en herbe folle

Suite au tableau de poisson que nous avons réalisé en mars avec Lottie, j’ai trouvé d’autres suggestions d’art pour les petits (merci Pinterest !) que nous avons essayées au printemps dernier (Lottie avait donc entre 2 ans et demi et 3 ans, mais vu le résultat, je pense que j’aurais dû attendre un peu…)

Les papillons-farfalle

Vous remarquez que si Lottie a à peu près compris le concept des antennes pour les papillons, ses « petits chemins » laissent à penser que les papillons ont un peu trop abusé d’un nectar légèrement fermenté… (voir la jolie réalisation de la petite Lilia dont nous nous sommes inspirées). 

Le feu d’artifice

Ce tableau, réalisé avec la « brique de base » du DIY pour enfants, a.k.a. le rouleau de papier toilette (voir le tutoriel ici), était parfait jusqu’à ce que Lottie se déchaîne sur le jaune… 

Le kaléidoscope de papillons

Mon tableau préféré, qui pour le coup rend vraiment bien ! Et qui me permet de vous parler d’une particularité de la langue anglaise rigolote : chaque groupe d’animaux porte un nom (ce qui ne semble pas être forcément le cas en français…) Pour les papillons, c’est « kaleidoscope » (source). Poétique, non ? (On parle d’une nuée dans la langue de Molière). 

Le tutoriel en français est par là, et si vous voulez acheter le poinçon papillon et que vous résidez aux US, je vous conseille celui-ci.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires si vous avez d’autres suggestions de tableaux à réaliser avec des enfants !  

Pour la route, voici quelques photos de détails :

mardi 27 septembre 2016

Débat de "font"

Non non, ce titre ne contient pas de faute d’orthographe! Il s’agit du mot font (fonte en français), puisque je voulais vous parler du fond du premier débat présidentiel entre Madame Clinton et Monsieur Trump (qui avait lieu hier). Du fond au sens premier du terme, c’est-à-dire de l’image bleue devant laquelle se tenaient les deux candidats. Il s’agissait d'un extrait de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis du 4 juillet 1776 (Déclaration unanime des treize États unis d’Amérique de son nom officiel).

Débat présidentiel sur fond de Déclaration d’indépendance.

Eh bien… la fonte choisie était du script - certes un peu emberlificoté. Ce qui est significatif, car ces dernières années, beaucoup d’écoles ont abandonné l’enseignement du cursif au profit uniquement du script. Le débat fait donc rage aux Etats-Unis entre les promoteurs de l’écriture cursive et ceux qui estiment qu’il s’agit d’une compétence à développer moins prioritaire qu’apprendre à taper au clavier (par exemple et au hasard). Un des arguments avancés par les tenants du cursif est l’horreur d’imaginer les futures générations d’Américains incapables de lire les textes fondateurs de leur nation tels qu’ils ont été rédigés (dont la Déclaration d’indépendance donc). 

C’est tellement profond que ça a l’air d’un débat à la française que ne renierait pas notre bon vieux Finkielkraut :-)

Tout le monde devait être capable de lire ! (Un esprit taquin rajouterait: même les partisans de Donald Trump).

dimanche 25 septembre 2016

Le livre du mois #1: Il faut sauver le petit chat!

Comme je l’explique dans ce billet, Lottie est une grande consommatrice de livres, et nous commençons à avoir un rayon de livres pour enfants digne d’une petite bibliothèque. Je me suis donc dit que je pourrais mettre à profit cette collection et partager nos coups de cœur à travers une nouvelle rubrique, le livre du mois, dont voici le premier opus.


  • Titre :  Il faut sauver le petit chat!

  • Auteurs : Chihiro Nakagawa et Junji Koyose

  • Age : à partir d’1 an et demi (en fait, à partir du moment où l’enfant aime observer des images un peu détaillées. Lottie n’a eu ce livre qu’à 3 ans, mais elle l’adore et demande de le lire régulièrement).

  • Pourquoi nous aimons ce livre : parce qu’il s’agit de sauver un chat bien sûr ! A cette fin, toute une société de petits lutins se met en branle, et utilise tous les engins de chantier imaginables. Le texte est très succinct mais chaque grande page fourmille de détails qu’on prend plaisir à regarder et commenter.

  • Vous aimerez ce livre si vous aimez : les chats, les lutins, les engins de chantier, la pluie qui sèche, les grand-mères japonaises.


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