La Saint Valentin, c’est encore une occasion pour les Américains de faire la fête. Encore une occasion pour les magasins et autres sites internet de vendre, vendre, vendre. Encore une occasion de se conformer au diktat social. Personnellement, je suis comme 80% des Français, je pense que c’est une fête commerciale et je n’ai pas envie qu’on m’impose l’heure et la manière de célébrer mes sentiments, surtout les plus intimes. Mon meilleur souvenir de Saint Valentin est une soirée entre amis au laser-tag.

Mais aux Etats-Unis, c’est la grande parade des cœurs, du rouge et du chocolat. En chiffre, cela donne en 2015 presque 19 milliards de dollars dépensés pour la Saint Valentin, plus de la moitié des Américains (54.9%) la célébrant, avec un budget moyen de $142.31 [source]. Anecdote amusante (ou pas) : un cinquième de ces presque 55% achète un cadeau pour leur animal domestique pour un montant total de 703 millions de dollars ! [source]. Il m’a été impossible de trouver des chiffres vraiment fiables côté français, et j’ai finalement retenu un petit article de Chérie FM (on a les sources qu’on peut !), dont les journalistes feraient bien de réviser les notions de moyenne et de médian : il semblerait que 47% des français consacrent à la Saint Valentin un budget ne dépassant pas 49 €, avec un budget cadeau de 91 € et 61 € dépensé respectivement par les hommes et par les femmes.

 
Lovetacular, indeed !

Comme c’est un marché mature, il s’est segmenté, et la Saint Valentin n’est pas réservée qu’aux couples adultes amoureux : j’en ai eu un avant-goût lorsque Lottie n’avait même pas un an et que mon groupe de maman avait organisé une petite fête pour les bébés. La signification des gentils mots échangés à 9 mois (petites cartes du style « You’re a wonderful friend ! ») m’a laissée fort dubitative...

 
Les rayons des magasins se remplissent de décorations, peluches, cartes et chocolats en tout genre

Cette année, la crèche de Lottie a consacré sa semaine au thème de l’amitié, ainsi qu’à faire des activités centrées sur les cœurs. Rien à dire jusque-là, c’est plutôt sympa, et le cœur a aussi un statut de forme au même titre que l’arche ou le triangle. Le petit choc culturel est arrivé le vendredi, où une petite fête de l’amitié était prévue pour les enfants, avec pizza au menu (c’est LE repas de fête : la pizza était également le plat principal du repas de Noël. Heureusement, c’est la maman française qui a répondu à la demande d’apporter un accompagnement : broccoli et fêves d’édamame, que les enfants ont d’ailleurs adorées. Une petite victoire culturelle franco-japonaise \o/ ).

Deux jours avant la petite fête, nous avons eu par email un petit topo, nous expliquant que les enfants avaient fabriqué un petit sac de l’amitié pour la fête, qui serait rempli de cartes ou de cadeaux d’amitiés. Il m’a fallu bien deux jours pour absorber l’information et me rendre compte qu’on nous demandait en fait d’apporter un petit cadeau pour chacun des enfants, qu’ils distribueraient à cette occasion. Cédant à la pression sociale (« je ne veux pas que ma fille soit la seule qui n’ai rien apporté pour ses petits camarades et devienne une paria ! »), j’ai donc couru en catastrophe au supermarché où j’ai trouvé dans les rayons qui commençaient à se vider des petits pandas au chocolat et du papier de soie parfait pour l’occasion. Un petit autocollant fait maison avec une phrase piochée de façon éhontée sur Internet, et le faux-pas culturel a été évité à quelques heures près ! Ouf !

Je vous laisse admirer la collecte de Lottie : des petites cartes à gogo, des autocollants et autres tatouages, deux gros biscuits en forme de cœurs, des petits raisins secs... et des bretzels.

 
Les cadeaux de Saint Valentin lorsqu’on a 2 ans (il faudra encore patienter pour le gros diamant !)